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Corinne Hoex lauréate du Prix littéraire Marcel Thiry 2010

Corinne Hoex lauréate du Prix littéraire Marcel Thiry 2010

 

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Le vendredi 17 décembre 2010 dans la galerie du Grand Curtius, la Ville de Liège a remis à Corinne Hoex le Prix Marcel Thiry 2010.
Le jury composé de 12 membres et présidé par Georges Goldinne a jeté son dévolu sur le roman de cette écrivaine «Décidément je t'assassine» édité chez Les Impressions nouvelles.
Corinne Hoex devance Hugo Boris, Daniel Charneux, François Emmanuel et Armel Job. Elle recevra un diplôme réalisé par le graveur Dacos et une édition originale de Marcel Thiry "Marchands", publiée à Liège en 1936. Le montant du prix (2500 €) lui sera versé.

Création du Prix littéraire Marcel Thiry

  • En 2000, la Ville a créé un prix littéraire doté d'une somme de 2.479 €. Ouvert à toute la francophonie, il a déjà couronné des écrivains belges confirmés tels que William Cliff, Xavier Hanotte, Rossano Rosi, André-Marcel Adamek, Karel Logist, Eva Kavian, Serge Delaive, Bernard Quiriny. Il est attribué, chaque année, en consacrant alternativement un recueil de poèmes et un roman.

Le jury

  • Le jury, présidé par Georges Goldinne, est constitué des personnes suivantes : Lise Thiry, virologue et fille de Marcel Thiry ; Christian Delcourt, chargé de cours à l'université de Liège ; Robert Gérard, poète et bibliothécaire (en retraite); Gaspard Hons, poète; Christian Libens, écrivain et animateur; Karel Logist, poète; Jean-Pierre Rouge, ancien directeur de la bibliothèque des Chiroux; Monique Smal, bibliothécaire et secrétaire du prix; Irène Stecyk, romancière; René Swennen, avocat et romancier; Carmelo Virone, critique et écrivain.

Corinne Hoex, lauréate du Prix Marcel Thiry

  • Corinne Hoex vit à Bruxelles. Elle est historienne d’art et a travaillé comme enseignante, chargée de recherches et documentaliste. Elle est l’auteur de plusieurs études relatives aux arts et traditions populaires en Wallonie. Depuis quelques années, elle se consacre à l’écriture de fiction.
  • Elle a publié trois romans, "Le grand menu" en 2001 aux Éditions de l’Olivier (réédité en 2010 aux Impressions Nouvelles), "Ma robe n’est pas froissée" en 2008 aux Impressions Nouvelles et "Décidément je t’assassine" en 2010 aux Impressions Nouvelles.
  • Elle a également publié de la poésie, "Cendres" en 2002 aux Éditions Esperluète (avec des dessins de Bernard Villers), "Contre Jour" en 2009 aux Éditions Le Cormier (avec des vignettes de Frank Vantournhout) et "La nuit, la mer" en 2009 aux Éditions Didier Devillez (avec des encres de Camille De Taeye).
  • Elle a publié deux livres d’artistes, "La mer, la nuit" en 2008 aux Éditions Æncrages (avec des aquarelles de Colette Deblé) et "Les nageuses" en 2009 dans les Cahiers de Peauésie de l’Adour (avec des aquarelles de Colette Deblé).
  • Elle a participé à quelques ouvrages collectifs, "Quatorze portraits d’horizons" (Belgacom, Rapport annuel 2001), "Compartiment auteurs" (SNCB-Foire du Livre, 2002 et 2008), "Éros dans le texte" (ISTI, 2003), "Frontière" (Éditions La Trame, 2003), "Démocratie, j’écris ton nom" (Éditions Couleur Livres, 2004), "Souvenirs de La Moutte" (ACEMI, 2005), "La visite est terminée" (Éditions La Trame, 2006), "En décalage" (DVD, Éditions La Trame, 2007), "Dialogue et croissance" (SNCB, Rapport annuel 2007), "Écrivains du monde pour Haïti" (Éditions du Banc d’Arguin, 2010), "ULB, une fiction vivante" (ULB, 2010).
  • Elle collabore régulièrement à des revues littéraires, Marginales, la Revue de l’Université de Bruxelles, Vu d’Ici, La Semaine Médicale, Le Non-Dit, L’Arbre à paroles, Non, pas ce soir et les revues en ligne Bon à tirer et Sources.

Prix littéraires

  • Pour le roman Le grand menu

– Lauréate du Prix Littéraire 2001 des Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles
– Lauréate du Prix Littéraire Soroptimist 2002 de la Romancière Francophone (Grenoble)
– Finaliste du Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2001
– Finaliste du Prix Victor Rossel 2001
– Finaliste du Prix Victor Rossel des Jeunes 2001
– Finaliste du Prix des Lycéens 2003

  • Pour le roman Ma robe n’est pas froissée

– Lauréate du Prix Indications du Jeune Critique 2008
- Lauréate du Prix Emma Martin 2008 de l’Association des Écrivains Belges de Langue Française
- Lauréate du Prix Gauchez-Philippot 2010
– Finaliste du Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2008
– Finaliste du Prix Littéraire 2008 du Parlement de la Communauté française de Belgique
– Finaliste du Prix Marcel Thiry 2008
– Finaliste du Prix Victor Rossel 2008
– Finaliste du Prix Rossel des Jeunes 2008
– Finaliste du Prix des Lycéens 2009

  • Pour le recueil de poésie Contre Jour

– Finaliste du Prix Marcel Thiry 2009
- Prix Delaby-Mourmeaux 2010 de l’Association des Écrivains Belges de Langue Française

  • Pour le roman Décidément je t’assassine

– Finaliste du Prix Émile Bernheim du roman 2010
- Finaliste du Prix Rossel des Jeunes 2010
– Sélectionnée pour le Prix des Lycéens 2011
- Lauréate du « Prix Marcel Thiry » 2010 

"Décidément, je t'assassine" - Extrait de l'ouvrage

Ce n’est pas assez que tu sois morte. Il faut vider. Fouiller les tiroirs. Inspecter les étagères. Chaque matin, je me rends dans ta maison. Je reste jusqu’à la nuit. Boîte après boîte, classeur après classeur, je décime le passé.

Une femme accompagne sa mère à l’hôpital et assiste à ses derniers jours, espérant en vain jusqu’au bout que quelque chose se dise, une parole d’amour. Cette attente déçue laisse la narratrice à la douleur de perdre ce qui n’a pas été. Restée seule, elle vide la maison de sa mère, explorant le passé, grappillant des traces, cherchant sa présence dans un vêtement, une photo, un poudrier, un jeton de casino, des gants noirs, un brin de muguet séché, de vieux patins à glace, ces choses qui demeurent quand la vie est partie, ces choses grâce auxquelles la narratrice, enfin, a accès à sa mère, et dont il est indispensable, néanmoins, qu’elle se débarrasse pour découvrir peu à peu un singulier sentiment de liberté. Le manque irréparable la conduira peut-être à une autre naissance, celle qu’elle-même s’accordera.

Un roman tout en émotion contenue. Une expérience intime, relatée avec pudeur. Un saisissant huis clos mère-fille. Des appels d’amour sans cesse déçus. Des réponses qui ne sont jamais les réponses espérées. Une mère indifférente, inaccessible, que la maladie puis la mort mettent enfin à portée de sa fille. Malgré la cruauté du propos, son cynisme quelquefois et sa lucidité, émane de ce récit une forme de tendresse. Car, paradoxalement, son ton est empreint d’un sentiment d’admiration pour le personnage radical et sans concessions de la mère. Cette mère qui se bat, avec ses moyens dérisoires – les mots croisés, la télévision –, jusqu’à la fin.

Site de l'éditeur : Les Impressions Nouvelles : http://www.lesimpressionsnouvelles.com/


Presse et critiques

  • Entretien avec Brice Depasse sur LibertyTV
  • « Une oeuvre opiniâtre, courageuse, loin des sentiers battus. Un minimalisme distancié. (…)
    Dominique Aguessy, la présentatrice, insiste sur la concision du style. (…) Des phrases courtes, martelées, qui sont un peu la signature de Corinne Hoex. (…)
    Une remarquable unité dans la tension, de livre en livre. »

Joseph Bodson, Nos Lettres, août-septembre 2010

  • « Corinne Hoex possède la grâce d’un grand chef : elle fouette un sujet douloureux – l’agonie et la mort d’une mère – pour en faire une émulsion presque légère, tout en ciselant la langue avec maestria. On n’en attendait pas moins de l’auteure du Grand Menu (récemment réédité aux Impressions Nouvelles). L’ensemble de son oeuvre romanesque et poétique mérite bien trois toques. »

Myriam Berghe, Femmes d’aujourd’hui, le 28 juillet 2010

  • « Décidement je t’assassine est un livre sur le deuil mais c’est aussi l’histoire d’une quête (…).
    Par ses déambulations dans la maison reçue en héritage, par le tri des objets qui la ramènent à un passé, la narratrice tente d’apprivoiser et de reconstruire son histoire. (…)
    C’est ce parcours accompli, cette prise de conscience qui lui permettront d’avoir accès à sa mère puis de s’en séparer pour acquérir une nouvelle liberté. »

Enora Bayec, Encres Vagabondes, le 16 juin 2010

  • « Au nom de la mère, de la fille et de l’esprit frappeur. En trois sets, Corinne Hoex a joué la partie de l’enfance, de l’adolescence, de la vie adulte. Game over. (…)
    Rien ici d’inutile, une accumulation de faits économes, classés, répertoriés pour inventaire. Mais par-dessous, en contrebande, serpente la vie, l’humour de Corinne Hoex, sa chaleur, son intelligence, sa gourmandise (…).
    Ce roman met en scène des personnages dignes de Danse de mort de Strindberg ou d’un Ingmar Bergman dont on aurait ôté les cris et les chuchotements. Ici, tout s’est joué en coulisses. (…)
    Corinne Hoex entre, sur des patins, dans cette existence, elle relève la grâce d’une branche de magnolia contre la vitre, capte les gestes, les corps, l’espace infranchissable. L’émotion naît de ces ratés, du non-dit, et là seul est le sensible, dans le regard porté sur ce qui n’est pas, et dans l’excuse d’une fille d’être si peu appropriée à sa parentèle. Le dialogue à une voix, adressé à la disparue, met encore la mère au centre, sans relâche, il consigne, ne dit qu’à peine l’attente, enfin, un « nous » qui ne vient pas. »

Sophie Creuz, L’écho, 12 juin 2010

  • « Au décès de sa mère, une femme fait le bilan de la relation qu’elle a eue avec elle. Brimades, distance, rejet, domination, rien ne lui aura été épargné. Le temps est venu de revivre, et une fois achevé l’indispensable travail de mémoire, de faire table rase du passé. »

Thierry Detienne, Imagine, mai-juin 2010

  • « Corinne Hoex poursuit ici le thème déjà abordé dans Le grand menu, et dans Ma robe n’est pas froissée (deux romans publiés, comme celui-ci, par Les Impressions Nouvelles), à savoir la blessure dont ne se relèvera jamais un enfant élevé sans amour. Deux romans bouleversants, mais l’est peut-être encore davantage ce Décidément je t’assassine, où tente de s’ébaucher un dialogue ultime entre la fille mal aimée et la mère qui se meurt. (…)
    En des phrases courtes, presque hachées parfois, étincelantes, superbes, elle dessine à la pointe fine le portrait de cette battante. »

France Bastia, La Revue Générale, numéro 5/ 2010

  • « Corinne Hoex s’engage à nouveau dans des sentiers difficiles. (…)
    D’emblée, le style est incisif, comme s’il s’adressait à un adversaire avec lequel se joue une compétition. (…)
    Sous la lumière crue d’une chambre d’hôpital, au chevet d’une mère en fin de vie, les rapports mère-fille vont se dévoiler. (…)
    C’est peut-être dans cette aptitude à tenir chacune son rôle que se cache la plus grande connivence entre mère et fille, que tout semble opposer dans la vie réelle. (…)
    Un ton distancié, un dépouillement du style. (…) Une plongée dans les sous-sols de la pensée. »

Dominique Aguessy, Reflets, avril-mai-juin 2010

  • « [Un] roman âpre, fait de brefs chapitres et de phrases courtes qui traduisent une expérience amère, parfois désespérante, avec en filigrane un hommage funèbre à l’énergie. L’Uccloise Corinne Hoex semble clore ici un cycle familial troublant et perturbant à bien des égards. »

Charles-Antoine de Trazegnies, Uccle chez vous, avril 2010

  • « Dans le cadre du festival Textes et Voix, l’actrice Marie-Christine Barrault lira (…) des extraits du nouveau roman de Corinne Hoex. (…)
    Les nuances romanesques dépourvues de pathos de ce huis clos mère-fille et le vrai talent d’écriture dont fait preuve Corinne Hoex, encore une fois, impose de toute évidence Décidément je t’assassinecomme un roman intimiste brillant, troublant et d’une richesse émotionnelle, tout en retenue et en puissance. Bouleversant. »

Belgian in Paris, le 8 avril 2010

  • « Titre saturé d’amertume et de douloureuse ironie. (…) Blessure très ancienne et à jamais sensible. Celle d’un manque majuscule dont la volonté de s’affranchir n’efface pas les cicatrices. »

Ghislain Cotton, Le Carnet et les Instants, avril-mai 2010

  • « Un roman dépouillé et dur présentant le portrait d’une mère à travers le deuil de sa fille. Et autant le dire d’emblée, au-delà de l’intérêt du propos, c’est véritablement l’écriture qui inscrit Corinne Hoex comme une des voix les plus percutantes de nos lettres belges : diamantaire et bouleversante. (…) Encore une fois, comme dans ses deux précédents romans, Corinne Hoex explore magistralement la violence dans les rapports parents-enfants. Un livre dont la brièveté révèle un travail d’écriture de grand dépouillement pour arriver jusqu’à l’épure, celle de la plus précise sentence, celle qui fait résonner en nous son écho bouleversant. Car il faut lire le texte à voix haute pour en entendre toute la secouante force expressive. »

Éric Brucher, Chronique littéraire Radio Antipode, avril 2010

  • « Une femme vient de perdre sa mère. Elle revient brièvement sur la maladie, l’agonie puis la mort à l’hôpital. Il faut ensuite ranger la maison de la défunte. (…)
    Surtout ne rien laisser traîner. Ne pas laisser sa vie ressembler à ce fond de sac où sont restés collés de vieux bonbons mêlés à des bouts de papier flétris… Et comme s’il fallait, par ce texte-épître, parvenir à se déprendre de cette mère en faisant la part juste de l’amour et de l’exécration qu’elle a inspirés.(…)
    il y a cette écriture épurée à l’extrême qui ne raconte ni ne décrit, qui agence les mots sur la page de telle manière que rien, ni virtuosités syntaxiques, ni figures de style, ne s’interpose entre le perçu de la narratrice et l’eprit du lecteur. S’opère ainsi une transmission directe de sens et d’émotion. (…)
    Corinne Hoex procède par éclats de mots, de petits éclats acérés qui viennent frapper ce que l’on porte en soi de plus intime. »

Isabelle Roche, Terres Nykthes, le 15 avril 2010

  • « La narratrice (…) accompagne sa mère jusqu’au tombeau, (…) et le compte rendu qu’elle dresse de cette disparition annoncée est aussi celui, minute par minute, de l’anéantissement de sa propre quête de reconnaissance affective. (…) A la description de la mort maternelle succède (…) l’inventaire des biens que lui laisse la défunte, innombrables madeleines de Proust ressuscitant une tristesse jamais éteinte. »

Bernard Delcord, Lire est un plaisir, le 6 avril 2010
Français 2000, n°225-226, septembre 2010

  • « On y retrouve les qualités d’écriture qui sont la marque de Corinne Hoex : l’extrême sobriété, la pudeur, la suggestion. (…) C’est écrit comme un constat, sans le moindre commentaire. C’est impitoyable de justesse, de talent. »

Henri Raczymow, Regards, avril 2010

  • « Le lexique de Corinne Hoex est d’une grande précision. Les atmosphères, soit à la maison, soit à la clinique, sont saisies sur le vif. (…) le lecteur pénètre dans l’intimité d’une famille. Et il est lui-même initié à ce combat inéluctable, où il sera toujours vaincu, entre la vie et la mort, le fini et l’infini, le visible et l’invisible. »

Émile Kesteman, Le Bibliothécaire, n°1, 2010

  • « Comment accomplir pareil travail de deuil quand la communication non seulement s’est interrompue, mais surtout n’a jamais eu lieu ? (…) le très beau roman de Corinne Hoex dans sa description quasi clinique, si proche de celle que nous sommes tous amenés à vivre quand nous quitte définitivement notre père ou notre mère, ne nous amène-t-il pas à jeter, nous aussi, un regard dans notre propre rétroviseur ? »

France Bastia, Nos Lettres, mars 2010

  • « Le ton est fort. Âpre. Blessé. Il résonne haut, nous prend à la gorge, ne nous lâche plus. Tout se déverse, une fille parle des derniers jours de sa mère, tente de regarder en face ce qui fut et ce qui ne fut pas. Les traces du passé se traquent, se liquident et finissent dans des sacs poubelles. (…) Un ouvrage sans concession (qui) dissèque l’enfance, compte les failles, les manques, chiffres et photos à l’appui, cris et colères mis en sourdine, le désespoir n’en jaillit que plus fort, Hoex n’use d’aucun effet de pathos et c’est ce qui rend son histoire tellement impressionnante. Pleurer n’est pas émouvoir, l’auteur le sait, et le ton implacable, presque détaché, est bien sa plus grande force. (…) très beau roman, témoin d’une blessure sans appel. »

A.-M. Hamesse, Nos Lettres, mars 2010

  • « Corinne Hoex est un des vrais talents que compte la littérature belge d’aujourd’hui. Avec une plume acérée, elle traque, en peu de mots, l’univers familial dans toute sa complexité qu’elle convoque à table depuis son premier roman Le grand menu jusqu’au lit d’hôpital qui est le décor du dernier livre qui vient de paraître : Décidément je t’assassine (Impressions Nouvelles). Une mère qui ignore tout de l’affection communément acquise entre mère et fille rejette tous les gestes d’offrande de sa fille en même temps qu’elle exige sa présence. Une partition époustouflante sur la fidélité filiale et un réel bonheur de lecture. »

Pascal Tison, « Les mercredis où l’on dit », Par Ouï-dire, 31 mars 2010

  • « Des mots. Secs. Nets. Rugueux. Qui montrent, appellent, interpellent. Des phrases cruelles, implacables. On est dans le trait sans bavure. Rien de trop. Juste l’essentiel. L’émotion est là, pourtant. Mais retenue. La nudité du propos ne parvient pas à écarter la violence des sentiments. Ceux que l’on tend. Ceux que l’on guette. Ceux que l’on tait ou a tus trop longtemps. C’est un livre terrible, troublant sous la glace et brûlant comme un alcool fort. On ne peut qu’en être ébranlé. »

Monique Verdussen, La Libre Belgique, 29 mars 2010

  • « Ce qui bouleverse dans ce roman, c’est l’absence de lyrisme, de romantisme, de pathos. L’écriture n’est jamais engrossée par un excès quelconque. Pas de graisse dans ce livre. De l’os, rien que de l’os. Le scalpel de l’écrivain légiste a gratté tout le superflu et n’a laissé que le quotidien, les gestes, les objets, les paroles, celles qui sont dites et celles qui ne le sont pas. »

Jean-Claude Vantroyen, Le Soir, 26 mars 2010

  • « Le roman se partage en deux mouvements : l’un accompagne la mère dans l’hôpital jusqu’à l’agonie et la mort ; le second conduit la fille à explorer la maison de la défunte et à reconstituer la mémoire d’un amour filial impossible. (…) Avec l’efficacité sidérante de l’écriture elliptique dont Hoex est une orfèvre, le lecteur est saisi à la gorge et d’emblée placé au milieu de cet affrontement d’autant plus effroyable qu’il est muet sur l’essentiel. (…) Un très grand roman qui démontre, si besoin était, combien l’écriture peut aller à l’essentiel de l’humain, jusqu’au plus intime, avec la force qui conduit le lecteur à une empathie totale avec les protagonistes de cette tragédie du silence. »

Edmond Morrel, Demandez le programme ! – Espace Livres, 24 mars 2010

  • « Les mots de Corinne Hoex, en poème ou en roman, trahissent une sensibilité à fleur de pages. Décidément je t’assassine immortalise une expérience intime, celle, irréparable, du départ vers ailleurs d’une mère. »

Guy Bernard, La Dernière Heure, 4 mars 2010

  • « L’émotion transparaît dans les interstices, dans les non-dits, dans les silences. Bref, une réussite dans ce qui apparaît comme un genre littéraire en soi, celui du deuil. »

Michel Paquot, Culture, magazine culturel en ligne de l’ULg, 25 février 2010

  • « Le style est simple, direct, juste, sans fioriture. »

Michel Paquot, Vers l’avenir, février 2010

  • « Dans un style littéraire dense, sec, (…) Décidément je t’assassine est un livre magnifique sur la désillusion dominée par cette soif irrépressible de devenir soi. »

Gilles Martin, Indications, février 2010