Service hivernal d'épandage
Chaque année, dès la mi-novembre, la Ville de Liège procède à la mise en place d’un service hivernal d’épandage. En voici les caractéristiques techniques et organisationnelles. Il ne s’agit évidemment pas d’une organisation rigide et intangible mais d’un canevas d’activité modulable, et adaptable aux nécessités liées aux caprices météorologiques.
Un calendrier de garde pour la période hivernale qui s’étend de la mi-novembre à la mi-mars est établi chaque année. En dehors de cette période, des dispositions complémentaires existent bien sûr pour affronter en cas de besoins des conditions climatiques parfois imprévisibles. L’objectif de ces périodes de garde est la préservation et la sécurité de la mobilité sur le territoire de la Ville de Liège où transitent chaque jour plus de 200.000 véhicules et environ 235.000 utilisateurs des transports en commun. A cet effet, on distinguera en matière de voirie, les axes prioritaires et les axes secondaires.
Les circuits prioritaires
Les circuits prioritaires concernent les voies d’accès aux hôpitaux, les itinéraires des transports en commun, les grands axes de circulation et les voiries desservant les pôles économiques. Cette année, un accord est intervenu entre le Port autonome de Liège et la Ville pour que la catégorie des circuits prioritaires intègre aussi certaines de ses voiries d’accès comme le Port de Monsin, les rues du Charbonnage et Dossay au port pétrolier et la voirie du Port des Yachts. Jusqu’à l’hiver dernier, le traitement hivernal y était assuré, selon un accord, par le SPW. Cet accord ayant pris fin, la Ville de Liège prendra le relais en facturant, le cas échéant, les prestations réalisées et les matières premières utilisées.
Sur les 650 km de voiries que compte la Ville de Liège, 550 km sont des voiries communales et à charge de la Ville. 110 km ont un caractère régional et sont gérés par le SPW. On distingue pour la Ville deux types de réseau. Le prioritaire parcourt une distance de 221 km. Il se divise en 7 circuits. Chacun de ceux-ci s’étend sur plus ou moins 30 à 35 km. Les 7 circuits prioritaires sont:
- 1.Jupille / Wandre (35,6 km)
- 2.Rocourt / Ste-Walburge (36,8 km)
- 3.Guillemins / Sclessin (30,7 km)
- 4.Laveu / Burenville (29,2 km)
- 5.Grivegnée / Chênée (32 km)
- 6.Angleur (34,1 km)
- 7.Centre (50,5 km)
Le service hiver pour le traitement des axes prioritaires est dirigé par un conducteur, responsable des diverses interventions, qui est lui-même secondé par un agent de maîtrise. Le conducteur prend toutes les dispositions adaptées aux circonstances atmosphériques sur lesquelles il est en permanence informé via les bulletins météorologiques émanant du centre «Perex » par le programme informatique météoroute et via le Centre de Bierset . Il reste également en contact constant avec les services de sécurité, tels que la police, les pompiers et la permanence civile. Ces services assurent en permanence la surveillance du réseau routier et sont chargés d’avertir en temps réel le conducteur de garde sur toute action de sécurisation qui revêt un caractère d’urgence.
L’équipe d’intervention est composée de 7 chauffeurs et une réserve, d’un opérateur d’engin pour le chargement du sel dans les épandeuses et d’un mécanicien. Si on tient compte de la présence du conducteur et de son adjoint, une équipe se compose donc de 12 agents.
Les 12 agents sont de service toutes les quatre semaines. Chaque équipe d’intervention effectue une garde hebdomadaire, en étant opérationnelle 24h/24h, du lundi à 11hrs au lundi suivant à 11hrs.
Avant la mise en place du dispositif, chaque intervenant doit maîtriser l’organisation du service hiver ainsi que les techniques spécifiques pour effectuer un épandage efficace.
Le calendrier du service (de la mi-novembre à mi-mars) se divise en trois périodes distinctes:
- 1.La période A: du 15/11 au 15/12
- 2.La période B: du 15/12 au 15/02
- 3.La période C: du 15/02 au 15/03 (l’activité, durant cette période C, est semblable à la période A)
Durant les périodes A et C, le froid est installé mais les risques d’intempérie grave sont généralement moindres. C’est pourquoi les équipes susceptibles d’intervenir sont de garde à domicile. Elles sont rappelables à tout moment par le conducteur responsable du service.
La période B se situe au cœur de l’hiver et requiert une grande capacité d’intervention immédiate. C’est pourquoi les 12 agents de garde sont opérationnels à la Centrale systématiquement dès 5h du matin. Durant toute cette période ils sont bien évidemment rappelables à tout moment en fonction de l’évolution des conditions atmosphériques et de précipitations hivernales subites.
Bien sûr, ces périodes sont toujours modulables en fonction de la réalité et des besoins du terrain.
Les circuits secondaires
Les axes secondaires représentent 330 km de voiries. Ils sont traités par les 5 divisions de voiries qui interviennent sur leur secteur géographique spécifique. A priori les interventions en dehors des heures de service ne sont pas prévues mais dans ce cadre aussi, il est bien évident que c’est la nécessité qui fait loi. Face à des périodes très rigoureuses telles que celles connues l’hiver dernier, des actions transversales entre les différents départements sont mise en place afin d’accentuer le déneigement manuel de certaines difficiles d’accès, et cela, afin de garantir la circulation des piétons et notamment celle des plus fragilisés d’entre eux. Ainsi l’accès aux bâtiments publics où sont localisés des mini-crèches, des crèches, des écoles, des mairies de quartier, et l’accès aux locaux qui accueillent des personnes à mobilité réduites et des personnes âgées doivent être garantis. Dans cette optique, les ouvriers communaux réalisent des parcours déneigés.
En outre, les écoles communales sont approvisionnées en sel pour garantir tant aux enfants qu’au parents un cheminement en toute sécurité dans l’enceinte de l’établissement.
Les services des travaux assurent également la fourniture de sel en container à proximité des voiries à forte déclivité. Cela permet aux citoyens d’assurer un déneigement efficace devant son habitation.
Les investissements de la Ville
Afin d’assurer ces missions, la Ville de Liège a procédé en 2009 à l’acquisition de quatre nouvelles épandeuses de 5 m³ destinées au circuit prioritaire, et d’une épandeuse de 1 m³ pour les circuits secondaires. Trois de ces véhicules sont déjà opérationnels. L’épandeuse de 5 m³ restante et l’épandeuse de 1 m³ nous parviendront l’année prochaine. Ces investissements représentent un coût global d’environ 140.000 €.
La Ville renouvelle constamment son matériel d’épandage. Les fournitures en sel ont représenté en 2008/2009 un coût d’environ 100.000€.
L’épandage est toujours pratiqué dans le cadre d’actions curatives et non préventives. Les raisons de ce choix sont diverses: économique (coût du sel et risque de dégradation des revêtements) et environnementale notamment (pollution des sols et des accotements).
Les sels utilisés sont le chlorure de sodium jusqu’à – 10 degrés. Au-delà de cette température, des matières abrasives (laitier granulé) sont épandues.
L’efficacité est liée à la circulation des véhicules qui, par leur passage, vont contribuer à faire fondre la neige. Le mélange sel/eau provoque en effet une réaction chimique. La fréquence de passage des épandeuses dépend de différents paramètres comme la nature du revêtement (pavés, tarmac), la température et l'abondance des précipitations hivernales.
Lors de fortes chutes de neige, des difficultés de circulation peuvent apparaître. En effet, une rue, qui a été traitée, reste, parfois, inaccessible car trop peu de voitures empruntent l’artère. Comme la densité du trafic a une influence sur le temps nécessaire à l’action du sel, les automobilistes doivent, en tout temps, faire preuve de prudence.
La Ville de Liège a déjà constitué ses stocks de sel nécessaire à l’épandage des voiries et des trottoirs. Les réserves sont composées de 400 tonnes de sel en vrac. Du sel de sodium en sac est également prévu pour l’épandage manuel. La Ville a souscrit à une contrat d’approvisionnement en continu de ces différents matériaux.
Par cette politique très affûtée de prévision, la Ville de Liège souhaite assurer à ses concitoyens des déplacements sécurisés et de qualité optimale quelle que soit les conditions atmosphériques, tout en maîtrisant au mieux les coûts de ses services.

