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Analyse de la Ville, après enquête publique, sur les demandes de permis introduites par LIEGE AIRPORT

Le Collège de la Ville de Liège a examiné avec attention les résultats de l’enquête publique liée aux demandes de permis de LIEGE AIRPORT.

Derrière cette demande de LIEGE AIRPORT se dessine le développement futur de l’aéroport à l’horizon 2040, ce qui n’est pas sans conséquence sur notre environnement commun. Au niveau de la Ville de Liège, l’enquête publique a débouché sur 458 observations écrites émanant de citoyens. Elles portent notamment sur :

  • La qualité de l’air et des sols ;
  • L’augmentation du trafic aérien et les nuisances sonores ;
  • Le chantage à l’emploi ;
  • Le risque d’accident ;
  • L’étude d’incidences ;
  • Le climat ;
  • Les retombées de kérosène ;
  • Le Masterplan 2040 ;
  • Le saucissonnage des projets/procédures ;
  • Les types d’avion.

Compte tenu de l'importance de ce dossier, le Bourgmestre a tenu à ce que le sujet soit débattu en commission du Conseil communal, en présence de tous les groupes politiques, de représentants de Liège Airport accompagnés de l’auteur de l’étude d’incidences, de représentants des citoyens et des représentants syndicaux.

Il s'agit d'une démarche supplémentaire à celles prévues par la procédure régionale, organisée afin de permettre au Collège de rendre un avis éclairé par les positions de toutes les parties.

Dès lors, afin de tenir compte des préoccupations exprimées par les conseillers communaux et par les citoyens, le Collège souligne les éléments suivants :

Nuisances sonores

Vu la localisation de l’aéroport, certains quartiers de la ville de Liège n’échappent pas au survol par les avions après le décollage ou avant l’atterrissage, ce qui est une nuisance ressentie par la population. Ces nuisances sonores, viennent s’ajouter à celles déjà bien présentes sur le territoire de la ville, entité la plus urbanisée et la plus densément peuplée de la périphérie de l’aéroport.

Le placement de stations de mesures du bruit doit être réalisé afin de vérifier le ressenti des riverains par rapport à ces nuisances.

Vu l’augmentation importante, actuelle et future, de l’activité de l’aéroport, de tels outils doivent être mis en place pour les communes en périphérie des aéroports wallons, dont la ville de Liège.

Le Collège demande que soit favorisée l’utilisation d’appareils moins bruyants vu l’augmentation du nombre de mouvements fret par des appareils dits « heavy » ou gros porteur.

Au niveau de l’exploitation de l’aéroport, la possibilité de limiter les vols de nuit pourrait également être étudiée.

Qualité de l’air et gaz à effet de serre

Les impacts environnementaux concernant le territoire de la ville de Liège et ses habitants sont principalement les nuisances sonores, comme mentionné plus haut, et le risque de dégradation de la qualité de l’air, liées aux activités actuelles et futures, plus particulièrement préoccupantes au regard du plan stratégique de LIEGE AIRPORT.

Le secteur du transport est responsable d’une grande partie des émissions de CO2 mais aussi de particules fines. L’incidence de l’activité de l’aéroport sur la qualité de l’air de la ville de Liège doit être mieux prise en compte.

D’autres paramètres doivent être pris en compte dans le cadre du développement de l’aéroport, principalement dans la périphérie la plus urbanisée :

  • Le survol à basse altitude des avions gros-porteur et autres ;
  • La congestion du trafic induit par l’augmentation de l’activité aéroportuaire ;
  • Le trafic engendré par l’activité aéroportuaire elle-même ;
  • Le trafic aérien engendré par les activités de l’aéroport.

Mobilité et développement économique

La croissance du tonnage transporté ainsi que le nombre d’emplois impactent la mobilité autour de l’aéroport tant pour les poids lourds que pour les voitures personnelles et induisent des répercussions sur le territoire de la ville. Des mesures doivent être proposées afin de limiter l’impact du déplacement motorisé individuel ainsi que l’impact du transport routier particulièrement dans le contexte d’un risque de saturation de la « rocade Nord » de la Ville avec l’hypothèse que le transit par le centre-ville et les quartiers n’est plus permis.

Par ailleurs, la zone aéroportuaire poursuit ses développements avec un mélange d’activités économiques et de bureaux (Masterplan Business Park).

Le développement de bureaux dans des lieux mal desservis en modes de transport durables (vélo, bus, train...) doit rester une exception car il génère une mobilité très consommatrice de ressources. Il doit être réservé à des activités très spécifiques.

La Ville estime qu’un tel développement de bureaux et commerces en dehors de tout centre urbain, dans un lieu exclusivement accessible en voiture, le long d’une autoroute, générera une mobilité très consommatrice de ressources, se réalisera contre les polarités déjà existantes, contre les ambitions et visions de la Région wallonne (FAST 2030 – stratégie régionale de mobilité des personnes et le « Stop béton »), et contre une gestion parcimonieuse du sol et des ressources.

Étude d’incidences sur l’environnement

Suite à l’étude d’incidences, de nombreux manquements sont évoqués dans de nombreuses réclamations. La Ville demande au SPW – DPA d’interroger le Pôle Environnement du Conseil Économique Social et Environnemental de Wallonie à ce sujet.

Parmi les réclamations reçues, les points suivants sont soulignés:

  • La non prise en compte du réchauffement climatique et des recommandations du GIEC ;
  • Le respect du contenu minimum (voire minimaliste) d’une étude d’incidences ;
  • La non prise en compte du trafic aérien ;
  • La non prise en compte de l’impact sur la santé humaine.

Par ailleurs, en matière de compensation, la plantation d’arbres sur le territoire urbain de la ville de Liège devrait également être une alternative pragmatique envisagée pour atteindre la neutralité Carbone de Liège Airport.

L’avis du Collège sera transmis à la Région Wallonne et il reviendra au Gouvernement Wallon de statuer sur cette demande de renouvellement.