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Fontaine de la Tradition

Néant

Rappel historique

La Fontaine de la Tradition située sur la Place du Marché et érigée en 1719, est un monument emblématique de Liège. Son appellation actuelle provient des trois bas reliefs en bronze apposés en 1930 qui évoquent d’anciennes coutumes liégeoises. Le monument est classé depuis 1936.

Avant 1930, elle était appelée fontaine des Savetresses parce qu'autrefois, les jours de marché, se regroupaient autour d’elle les vendeurs de souliers (savetiers). Elle servit de base, à l'origine, à la statue du bourgmestre Bukman jusqu'à son enlèvement en 1649.

Elle possédait sa jumelle, en fonte, de l’autre côté de la place, la fontaine du Pilori, dont la destruction a été décidée par le Conseil communal en 1921 en raison de son mauvais état.

La construction en pierre, disposée sur un emmarchement qui englobe quatre vasques en forme de coquilles placées aux coins de la fontaine et qui recueillent l'eau jaillissant des mascarons à visage humain, a été entreprise par I.J. Cramillon pour la somme de 700 florins. Sur la porte de bronze, placée sur une des faces, on retrouve les armoiries du prince Joseph-Clément de Bavière (1671-1723) et le nom des bourgmestres régents N.D. de Trappé et J.M. de Lambinon ainsi que l'inscription « faite par Pierre Levache » qui révèle le nom du fondeur de la porte.

Trois autres panneaux en bronze furent placés en 1930. Ils représentent en bas-relief des scènes de la vie populaire liégeoise : le cramignon (farandole), les marionnettes, les botteresses (femmes transportant des produits au moyen d’une hotte) et les côtiresses (maraîchères). Ceux-ci sont l'oeuvre du statuaire Georges Petit.

L'ensemble s'achève par un couronnement mouluré, à nouveau orné de blasons et surmonté de la pomme de pin.

Toute l’enveloppe extérieure est en pierres bleues. Les calcaires d’origine sont du type «calcaire de Meuse». Tous les remplacements tardifs, ainsi que les greffes et «bouchons», sont en «petit granit», nettement plus grenu et sombre.

La méthodologie de la restauration

L’étude de stabilité et l’étude sanitaire des pierres avaient révélé un état de dégradation avancé et une fatigue générale de la structure qui avait tendance à s’ouvrir. 

La méthodologie de restauration proposée fut un démontage minutieux complet de l’édifice et le transport des éléments en atelier. Les panneaux et les mascarons en bronze ont été confiés à un artisan restaurateur pour un nettoyage complet et des interventions localisées. L’option de restauration fut le moins interventionniste possible.

L’objectif de cette restauration à l’identique est de restituer la fonction première de la fontaine en rétablissant la circulation d’eau en circuit fermé. Ces travaux doivent permettre d’assurer la pérennité de cet édifice et de lui rendre l’harmonie esthétique qu’il avait perdue.

La Ville de Liège a opté pour un partenariat public-privé. Elle a fait appel à des entreprises spécialisées pour les phases de manutention, transport, démontage mais a confié la restauration de la fontaine au savoir-faire de ses services communaux, notamment au service des tailleurs de pierre et au service des fontainiers spécialement formés pour l'occasion au Centre de Perfectionnement des Métiers du Patrimoine de la Paix-Dieu. Ils ont procédé à l'observation complète en atelier de tous les éléments démontés, l'optique générale étant de préserver au maximum les éléments authentiques. Le comité d'accompagnement a ensuite validé tous les choix de remplacement ou de réparations des éléments dégradés. La restauration en atelier a concerné quelque 88 éléments composant la fontaine. 

Découverte de fontaines anciennes

Les travaux de démontage ont révélé l’existence, sous le niveau de la fontaine existante, de deux autres fontaines, plus anciennes.

Le premier sous-niveau découvre les traces -en négatif- d’une deuxième fontaine, polygonale, dotée d’un pinacle carré central et de 4 grands bassins, tous jointifs. Les séquelles de 4 têtes d’animal crachant l’eau ont été identifiées. Cette fontaine date sans doute du milieu du XVII ème siècle.

Le deuxième sous-niveau révèle une fontaine du XVIème siècle, composée de 4 grands piliers et entourant un espace central qui constitue le fond. Il est entièrement dallé de pierres bleues, agrafées ensemble, de très belle facture. On distingue également 3 galeries qui acheminaient l’eau, l’une au sud vers Neuvice, une autre au nord, vers Hors-Château et une troisième à l’ouest pour desservir la place du Marché.

Il est presque certain que sous cette fontaine se situe un point d’eau médiéval. La place du Marché constituait donc un point central pour la distribution ou la prise d’eau dans le quartier, en plein coeur historique de la ville.

Inauguration de la fontaine restaurée

Après deux ans de travaux (2012-2014), la Fontaine de la Tradition trône à nouveau place du Marché, pour le plus grand plaisir des Liégeois et des visiteurs de la Cité ardente.

La Ville de Liège, en collaboration avec le Musée de la Vie wallonne, avec l’aimable participation des botteresses et de Tchantchès, et la collaboration de nombreux cafetiers, a inauguré la Fontaine de la Tradition, restaurée par la Ville de Liège avec le soutien de la Région wallonne et de l’asbl Liège, Art et Prestige le jeudi 8 mai 2014.

La Ville de Liège a souhaité faire de la renaissance de cette fontaine emblématique de Liège, un élan commun partagé par tous, c'est-à-dire autant par les pouvoirs publics que par les citoyens amoureux du patrimoine liégeois.

Si la restauration de la fontaine de la tradition revient aujourd’hui à l’initiative de la Ville de Liège, en 1930, c’est à la Province de Liège et particulièrement au Musée de la Vie wallonne que la Ville doit les 3 panneaux représentant les traditions liégeoises.

Ils avaient été financés grâce aux subventions de l’Etat, de la Province et de la Ville et aux dons de mécènes, tout comme aujourd’hui, auxquelles vint s’ajouter une souscription populaire qui a recueilli la somme de 100.000 frs, tant « la fontaine de la tradition, monument du souvenir, évocation de notre terroir, synthèse de nos moeurs patriarcales, doit être l’offrande de la population toute entière ».
A l’initiative de cette opération, de grandes personnalités liégeoises : Emile Digneffe, sénateur, Charles Magnette, président du sénat, Xavier Neujean, bourgmestre de Liège, Louis Fraigneux, échevin, Jean Haust, président du musée, les architectes Paul Comblen et Paul Jaspar, Joseph Vrindts, poète, entre autres noms illustres...

L’inauguration eut lieu en grande pompe le 16 juin, en présence d’une foule de plus de 10.000 personnes. Toute la place était garnie de fleurs et de guirlandes multicolores et les drapeaux flottaient aux fenêtres. La cérémonie rendit hommage aux vendeuses du marché, aux dernières botteresses liégoises et aux joueurs de marionnettes. L’inauguration se termina par des cramignons et le chant des wallons. « Celui qui aurait voulu entendre battre le coeur de Liège aurait vu ses voeux comblés en passant par la place du marché », écrivait un spectateur.

Partenaires

Les Adjudicataires des marchés : le Bureau d'études TGI, l'Entreprise Liégeois (manutention), l'Entreprise Métafose (restauration des bronzes)

Le Comité d'accompagnement du Certificat de Patrimoine

La Direction de la Restauration du Patrimoine

La Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles

Le Service de l’Archéologie de la Province de Liège (SPW)

Les pouvoirs subsidiants : la Région wallonne et la Province de Liège

L’asbl Liège, Art et Prestige

Le Musée de la Vie wallonne pour leur collaboration à l’inauguration et à la réalisation de la vidéo retraçant l’historique de la restauration

Les botteresses et leurs cramignons

Fontaine de la Tradition
La Fontaine de la Tradition située sur la Place du Marché et érigée en 1719, est un monument emblématique de Liège. Son appellation actuelle provient des trois bas reliefs en bronze apposés en 1930 qui évoquent d’anciennes coutumes liégeoises. Le monument est classé depuis 1936.