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À l’ombre de l’atelier : le métier de restaurateur

En déambulant dans les couloirs du musée, difficile de s’imaginer les nombreux métiers qui assurent son fonctionnement au quotidien. C’est notamment le cas des restaurateurs dont la mission, pourtant essentielle, consiste à veiller au bon état des collections et à les préparer en vue de leur exposition. Le temps d’un article, Christophe et Audrey vous invitent à passer la porte de leur atelier et à en découvrir un peu plus sur ce travail, d’ordinaire effectué à l’abri des regards.

Restaurer, ce n’est ni inventer, ni adapter l’œuvre afin de la faire correspondre à certains critères de beauté. Il s’agit de poser un diagnostic précis qui orientera le type de traitement à réaliser. Pour cela, l’œil est notre premier outil nous confie Audrey Jeghers, spécialiste en restauration de tableaux, ou plutôt ‟conservation – restauration″ comme l’appellent désormais les gens de la profession en raison des différentes natures de travail à effectuer.

Alors que la conservation ne tiendra pas compte de l’aspect esthétique de l’œuvre mais tentera plutôt de prévenir les dégâts et de les réparer, la restauration se souciera davantage de son rendu final.

« Les Experts » des musées

À ce stade, vous êtes en droit de vous demander « concrètement, en quoi est-ce que cela consiste ? ». Pour y répondre, Christophe Remacle, lui aussi spécialisé dans la restauration de tableaux, nous a gentiment ouvert les portes de l’atelier et a pris le temps de tout nous expliquer. Car comme il le rappelle : restaurer ce n’est qu’une partie de notre métier.

  • Tout débute par une demande de la part d’un conservateur ou d’un chargé d’exposition : lorsque celui-ci choisit les pièces à exposer, les restaurateurs se rendent dans les réserves pour réaliser un premier constat de l’œuvre et estimer l’ampleur de la tâche à effectuer. Sur base de leur avis et des délais impartis, il peut être décidé de réaliser le travail en interne ou de recourir aux services d’un restaurateur extérieur.
  • La restauration à proprement parler peut ensuite démarrer. Dans le cadre de la restauration d’un tableau, on procède souvent à l’élimination des anciennes couches de vernis oxydés, jaunis avec le temps. Pourquoi est-ce si important ? Car le vernis oxydé va ramener les différents plans présents sur le tableau sur un seul, diminuant ainsi sa profondeur et perturbant sa lisibilité. En rendant au tableau son aspect d’origine, les restaurateurs contribuent donc à le rendre plus compréhensible. Ils travaillent d’ailleurs de concert avec des historiens de l’art qui vont pouvoir étudier les œuvres sous un regard neuf et faire d’éventuelles découvertes qui rendront l’histoire autour du tableau beaucoup plus riche. S’en suivent d’autres étapes importantes telles que la réparation des déchirures de toile ou le collage des joints d’un panneau pour finir par le comblement et la retouche des lacunes.
  • Quel qu’en soit le but final, les restaurateurs doivent se montrer patients et méticuleux lors de la restauration : procéder avec prudence, étape par étape demeure essentiel pour éviter d’apporter à l’objet des changements irréversibles. Connaître ses limites se révèle tout aussi important : il y a tellement de matériaux à travailler, chacun avec ses spécificités… il vaut parfois mieux reconnaître que cela dépasse notre champ d’expertise et confier certaines matières que nous n’avons pas l’habitude de travailler à d’autres restaurateurs dont c’est le métier souligne Christophe.
  • Mais une fois l’œuvre prête à être exposée, le travail n’est pas terminé ! Dans le cadre de prêts d’objets de collections entre les musées, les restaurateurs doivent s’assurer du transport de ces derniers dans les meilleures conditions et être présents sur les lieux de montage et de démontage afin de pouvoir en dresser des constats d’état à chaque phase de la préparation, de leur mise en caisse à leur accrochage au sein de l’exposition.

Le métier de restaurateur, tout un art… mais pas que !

Qu’il s’agisse de connaître les propriétés des différents solvants nécessaires au dévernissage du tableau ou de s’assurer de maintenir les œuvres dans des conditions optimales de conservation, la pratique de la restauration mobilise autant de connaissances scientifiques qu’artistiques.

C’est dans cette optique de dévoiler les différentes facettes de son métier qu’en 2019, Audrey s’est temporairement installée dans un espace habituellement dédié aux collections du musée afin de restaurer le tableau « L’Exode de Jacob » de Cornelis Buys. Au-delà de permettre aux visiteurs qui le souhaitaient de la regarder travailler, cette véritable première au Grand Curtius s’est accompagnée d’une série d’ateliers ouverts au cours desquels le public était invité à échanger avec Audrey tout en recevant des explications sur les produits et techniques utilisé(e)s lors des différentes phases de la restauration. Vous nous avez manqué ? N’hésitez pas à consulter, ici, le déroulement des événements.

En résumé

  • La conservation préventive vise à anticiper les causes de dégradation d’un objet du patrimoine en agissant sur son environnement (veiller à la stabilité du climat ou à l’utilisation d’un éclairage adapté).
  • En cas de dégradation, la conservation curative a pour but de traiter ses effets et de stopper son évolution, notamment par la consolidation ou la réparation de matériaux affaiblis.
  • La restauration regroupe l’ensemble des opérations qui ne sont pas indispensables à la survie de l’objet mais qui permettent de le mettre en valeur et d’améliorer sa lisibilité (par exemple: le comblement et la retouche des lacunes).