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Dioxines

Depuis divers accidents environnementaux (Seveso) et la crise récente du secteur agroalimentaire, les dioxines ont nourri de nombreuses polémiques.

Sous le vocable "dioxine", les chimistes entendent en fait un ensemble de molécules organiques contenant du chlore. Il existe 75 "dioxines" et  135 "furannes". Parmi ces 210 composés, 47 se démarquent par leur caractère hautement toxique même à des doses très faibles (de l’ordre du picogramme, c'est-à-dire du millionième de millionième de gramme !). Ainsi, la plus toxique des dioxines, la 2, 3, 7, TCDD est 500 fois plus toxique que le curare et 10.000 fois plus que l’acide cyanhydrique ...

S’il n’y a guère lieu (sauf accident) de redouter la toxicité directe des dioxines, il y a des raisons de s’inquiéter de leurs effets tératogène (provoquant des anomalies ou des lésions du fœtus), mutagène et cancérigène du fait d’une exposition répétée même à des très faibles doses. Ces inquiétudes concernent surtout la femme enceinte et les enfants. Les dioxines ont, en effet, la faculté de s’accumuler dans les graisses animales. Ainsi, un animal ou un être humain avalant périodiquement de très faibles doses de dioxines peuvent renfermer dans leurs graisses (et donc dans la graisse du lait) des concentrations bien plus importantes qu’à l’émission dans l’environnement. On parle dans ce cas de bio-accumulation. Une étude menée en 1996, aux Pays-Bas, a mis en évidence que 50 % des dioxines que nous ingérons proviennent du lait et de ses dérivés.

Mais actuellement, d’où proviennent les dioxines de manière récurrente ?

Les dioxines apparaissent de deux manières :

  • en tant que produits annexes lors de la préparation et de la réaction de certains produits chimiques (certains herbicides, produits de protection du bois, bactéricides);
  • en tant qu’une, parmi de nombreuses substances qui apparaissent, sous forme de traces, à l’occasion de différents processus de combustion qui mettent en œuvre du carbone, de l’oxygène et du chlore. Comme ces trois éléments sont très présents dans la nature, on rencontre des dioxines un peu partout : dans beaucoup de fumées et gaz d’échappement, dans la fumée des feux de forêts, de la cigarette, des incinérateurs de déchets ménagers.

Les faibles doses en cause ne facilitent évidemment pas la recherche et la mesure de la concentration des dioxines dans l’environnement : il faut un appareillage très précis, coûteux et du temps. Cent mille francs pour une analyse n’a, dans ces circonstances, rien d’exceptionnel.

Mener des études épidémiologiques est aussi très complexe. De ce fait, l’absorption journalière de dioxines considérées comme acceptable pour l’homme varie considérablement d’un pays à l’autre : de 0,006 à 100 picogrammes par kilo de poids et par jour ! Quoi qu’il en soit, en vertu du principe de précaution, il paraît sage de mettre tout en œuvre pour réduire les émissions dans l’environnement et donc, en particulier, de traiter les fumées des incinérateurs de déchets pour atteindre la nouvelle norme européenne à savoir une concentration inférieure à 0,1 nanogramme (0,1 milliardième de gramme) : "équivalent toxique" par mètre cube de fumées (TEW/Nm3).

Dans la région liégeoise, l’incinérateur de l’Intercommunale Intradel à Herstal est une source d’émission potentielle de dioxines dans l’atmosphère. Dès lors, un dispositif de filtration des fumées a été mis en place et récemment perfectionné pour s’adapter aux normes en vigueur. Son efficacité est contrôlée par des mesures en continu de la teneur en dioxines des rejets réalisées par un organisme agréé indépendant (ISSeP). Les résultats actualisés de ces mesures peuvent être consultées sur environnement.wallonie.be/data/air/dioxines/menu/menu.htm

Les efforts doivent bien sûr aussi s’étendre aux autres sources d’émissions anthropiques telles que la fabrication des polychlorobiphényles (PCB), le blanchiment de la pâte à papier par le chlore, les usines de traitement des métaux non ferreux, la cigarette, la combustion du charbon, etc.

La santé humaine est à ce prix.