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Ozone

L’ozone troposphérique, présent dans les basses couches de l’atmosphère, se forme sous l’action du rayonnement solaire UV à partir de «précurseurs» tels que les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV). Les principales sources de ces « précurseurs » sont le trafic routier, l'industrie et chauffage domestique (mazout)* ainsi que l'utilisation de solvants dans les activités industrielles et domestiques.

*Remarque: sur le territoire de la Ville de Liège, plus de 65% des ménages se chauffent au gaz (source : Portail environnement de Wallonie).

En raison de son fort pouvoir oxydant, ce gaz peut occasionner un certain nombre de problèmes de santé, la gravité de ceux-ci évoluant en fonction des concentrations dans l’air environnant, de la sensibilité des personnes exposées et de leurs activités.

Plusieurs conditions doivent être remplies pour que des concentrations importantes d’ozone apparaissent dans les basses couches de l’atmosphère:

  • Le temps doit être ensoleillé (beaucoup d’UV);
  • La température doit être suffisamment élevée (au moins 25°C);
  • Le vent doit être faible et de direction S, S-E ou E;
  • Les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV) doivent être présents dans l’air en quantité suffisante et selon une proportion précise.
Attention ! Il ne faut pas confondre l’ozone formé dans les basses couches de l’atmosphère avec l’ozone stratosphérique (altitudes comprises entre 15 et 45 km) qui protège la surface terrestre contre les rayons UV nocifs provenant du rayonnement solaire.

Règlementation et mesures prises

La directive européenne 2002/3/CE du 12 février 2002, transposée en droit wallon par l’Arrêté du Gouvernement wallon du 5 décembre 2002 (Moniteur Belge du 10/02/2003) fixe pour l’ozone:

  • Une valeur cible correspondant au niveau fixé dans le but d’éviter à long terme des effets nocifs sur la santé humaine et/ou l’environnement dans son ensemble;
  • Un objectif à long terme correspondant à une concentration d’ozone dans l’air ambiant en dessous de laquelle, selon les connaissances scientifiques actuelles, des effets nocifs directs sur la santé humaine et/ou sur l’environnement dans son ensemble sont peu probables ;
  • Un seuil d’information au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine des groupes particulièrement sensibles. La population est avertie via les bulletins d’information diffusés par la radio ou la télévision.
  • Un seuil d’alerte au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de toute la population et à partir duquel les Etats membres prennent immédiatement des mesures. Dès le dépassement de ce seuil, les services d’urgence, les hôpitaux et maisons de repos sont également avertis.
  Moyenne sur 1 heure Maximum journalier des moyennes glissantes sur 8 heures
Seuil d’information 180 µg/m³  
Seuil d’alerte 240 µg/m³  
Valeur cible pour la protection de la santé   120 µg/m³ à ne pas dépasser plus de 25 x par année civile
Objectif à long terme pour la protection de la santé   120 µg/m³

Réseau de mesures des concentrations d’ozone

Dans notre pays, des mesures de la qualité de l’air sont réalisées depuis 1979.

En ce qui concerne l’ozone, 37 stations sont réparties sur l’ensemble du territoire, dont 2 à Liège. Elles mesurent et enregistrent en permanence les concentrations d’ozone présentes et les transmettent toutes les heures à la Cellule Interrégionale de l'Environnement (CELINE).

CELINE est mandatée par les trois Régions pour le suivi des épisodes de pollution, ainsi que pour la diffusion d’informations auprès de la population lorsque les seuils européens d’information ou d’alerte sont dépassés.

La Cellule affiche, en temps réel, avec mise à jour horaire, les concentrations de l'air en ozone dans les différentes stations de mesure. Le site présente également les concentrations maximales pour la journée en cours, le lendemain et le surlendemain. Les prévisions sont remises à jour vers midi.

Effets sur la santé

Une concentration élevée d’ozone peut provoquer des irritations des yeux, du nez, de la gorge, une diminution de la capacité pulmonaire, des inflammations et une hypersensibilité des voies respiratoires.

Certaines catégories de la population sont plus sensibles aux concentrations élevées d’ozone. Il s’agit des enfants en bas âge, des personnes âgées ainsi que des personnes souffrant d’affections cardio-pulmonaires chroniques (asthme, insuffisance cardiaque, …).

Si le taux de 180 μg/m³ est dépassé, il est recommandé aux personnes âgées, aux enfants et aux patients souffrant de troubles respiratoires et cardiaques de limiter considérablement les efforts physiques en extérieur pendant la période qui s’étend de midi jusqu’en début de soirée (en général, de 12 à 20 heures).

La meilleure recommandation les concernant est de rester le plus possible à l’intérieur des bâtiments. Les concentrations d’ozone y sont en effet inférieures de moitié.
Si le seuil de 240 µg/m³ est dépassé, la limitation des efforts physiques s’applique à l’ensemble de la population.

En cas de nécessité, il est important de consulter son médecin traitant qui sera le plus à même de définir le traitement approprié en fonction de l’état de santé.

Mesures préventives

Malheureusement, des mesures limitées dans le temps et dans l'espace (par exemple des mesures locales au niveau du trafic prises uniquement lors du pic d'ozone) ne permettent pas de réduire les concentrations d'ozone, bien au contraire même si cela peut paraître singulier.

En effet, l'ozone étant un composé chimique très réactionnel et instable, il se recombine facilement avec le NO produit par le trafic routier. Il y a alors formation de NO2 et diminution des concentrations d'ozone. A la campagne, les émissions de NO provenant du trafic routier étant moindres, les réactions de destruction de l'ozone sont également moins importantes que dans les villes et se traduisent ainsi par des concentrations d'ozone plus élevées.

Seules des mesures durables, drastiques et conduites à l'échelle européenne permettront de résoudre le problème de l'ozone à long terme. En pratique cependant, chacun peut contribuer à la diminution des émissions des précurseurs d'ozone, notamment à travers les actions suivantes appliquées pendant toute l'année :

  • Circuler à pied ou à vélo le plus souvent possible;
  • Privilégier l'utilisation des transports en commun;
  • Pratiquer le co-voiturag ;
  • Choisir une voiture plus économique du point de vue de sa consommation en carburant;
  • Veiller à l'entretien de son véhicule;
  • Rouler calmement, en évitant les accélérations brusques;
  • Choisir des peintures à base d'eau contenant moins de solvants et ne nécessitant pas l'emploi de white spirit;
  • Choisir un mode de chauffage économique à haut rendement.
  • ....

Pour plus d'informations

Cellule Interrégionale de l'Environnement (CELINE)

«Moins d'ozone, plus d'air»

«Ozone et vague de chaleur : soyons solidaires»