Vous êtes ici : Accueil / Vie Communale / Services communaux / Environnement / ABC de l'environnement / Particules fines
Actions sur le document

Particules fines

La pollution due aux particules fines (PM10) pose un problème sérieux pour la santé et pour l’environnement et l’ensemble de la Belgique est particulièrement touchée. Les zones urbaines et fortement industrialisées sont les plus affectées avec notamment en Région wallonne la zone de Charleroi et la zone d’Engis-Liège (Engis, Saint-Georges-S-Meuse, Flémalle, Grâce-Hollogne, Seraing, Saint-Nicolas, Ans, Liège, Herstal, Chaudfontaine, Beyne-Heusay, Fléron).

Les effets sont importants même à petite concentration. Les impacts sont liés à la fois à la dimension et à la composition des particules et, par conséquent, à leur origine.
La plupart des épisodes de forte concentration en particules surviennent au cours de périodes froides et sont essentiellement dus à une mauvaise dispersion des polluants consécutive aux conditions météorologiques défavorables. La faible vitesse de vent empêche la dispersion horizontale des polluants et la présence d’une inversion thermique limite leur dispersion verticale.

Qu’entend-on par particules fines ?

Outre les gaz, l’atmosphère contient des matières en suspension en phase liquide et solide (aérosols), représentant un mélange complexe de substances chimiques organiques et inorganiques et que l'on regroupe généralement sous le terme général de "particules en suspension". Ces particules en suspension sont souvent désignées par l'abréviation PM qui provient de l’anglais "Particulate Matter".

Le mot «particule» englobe donc un ensemble de composés variés. On peut les classifier de différentes façons selon leur origine, leur dimension, leur composition et leur mode de formation.

L’origine des particules en suspension dans l’air est très variée :

  • Naturelle: volcans, érosion dû au vent, embruns marins,
  • Issue des activités humaines: processus industriels, gaz d’échappements des véhicules, chauffage domestique, phénomènes d’érosion (revêtements des routes, freins et pneus), sel et sable utilisés pendant l’hiver, etc.

Selon leur mode de formation, on distingue des particules :

  • Primaires = émises telles quelles dans l’atmosphère
  • Secondaires = qui se forment dans l’air par réactions physico-chimiques à partir d’autres polluants.

Sur base de leurs dimensions (il s’agit d’une classification où chaque catégorie englobe également les catégories de dimensions inférieures) :

  • PM10 : particules inférieures à 10 microns
  • PM 2,5 : inférieures à 2,5 microns
  • PM1 : particules ultrafines, de diamètre inférieur à 1 micron.

Surveillance et réseau de mesures

Un réseau de télémétrie couvrant l’ensemble de la Wallonie permet, avec ses sondes de mesure, la surveillance et la mise en place des procédures d’alerte. L’implantation en région liégeoise se répartit entre les stations suivantes :

  • Parc de la Boverie à Liège
  • Boulevard Zénobe Gramme à Herstal
  • Rue du Canal de l’Ourthe à Angleur
  • Rue du Gosson à Jemeppe
  • Rue du Chéra à Cointe
  • Rue Bois Saint Gilles à Saint Nicolas
  • Rue du Marly à Engis

Les mesures et prévisions sont disponibles auprès de la Cellule interrégionale de l'Environnement (CELINE) et de l'Agence wallonne de l'air & du climat.

Plan d’actions en cas de pic de pollution par les poussières fines

Le plan d’actions, approuvé par le Gouvernement wallon en date du 17/07/2008, consiste en une procédure coordonnée en cas de pics de pollution provoqués par des concentrations de poussières fines (actuellement PM10), de manière à limiter les effets sur la santé et l’environnement.
Des plans locaux pour des zones spécialement affectées (Charleroi, Engis et Liège) sont également prévus et coordonnés avec les Gouverneurs provinciaux. Ceux-ci sont adaptés à chaque seuil de pollution et s’inspirent de mesures spécifiques dans les domaines suivants: Sensibilisation, Chauffage, Entreprises et Transports.

En période de pollution, le plan de la Région wallonne distingue trois types d’épisode :

  • L’épisode global dans lequel la pollution couvre l’ensemble du territoire de la Région wallonne avec un seuil minimum de particules fines (PM10) de 70 µg/m³,
  • L’épisode local dans une des zones sensibles (Charleroi – Liège/Engis) avec un dépassement minimal de 100µg/m³ de concentration en particules fines (PM10),
  • L’épisode combiné qui résulte du cumul des deux situations précédentes (global + local).

Le déclenchement du plan Poussières se déroule de la manière suivante :

  • Une phase de pré-alerte (J-2) si les prévisions de concentration sont supérieures à 70µg/m³ pendant 2 jours successifs ;
  • Une phase d’alerte si la pré-alerte est confirmée (J-1) ;
  • Prolongation si les concentrations restent supérieures au seuil ;
  • Fin d’épisode si les mesures descendent en dessous du seuil et que les prévisions sont bonnes.

Pour les épisodes globaux, la région wallonne a défini trois seuils de concentration en fonction desquels des mesures de plus en plus restrictives doivent être prises :

  • Seuil 1 : concentration en PM10 comprise entre 70 et 99 µg/m³
  • Seuil 2 : concentration en PM10 comprise entre 100 et 199 µg/m³
  • Seuil 3 : Concentration en PM10 supérieure ou égale à 200 µg/m³

Pour les épisodes locaux, la phase de pré-alerte d’un épisode local est déclenchée dans le cas où les prévisions à deux jours montrent que la concentration moyenne journalière des poussières PM10 devrait atteindre 70 µg/m3 ET que la concentration moyenne journalière des poussières PM10 risque d’atteindre les 100 µg/m3. 

Les mesures prises concernent :

  • Le chauffage en limitant la température dans les bâtiments publics communaux et en recommandant la même limitation aux autres bâtiments tertiaires privés;
  • L’information et la sensibilisation de la population
  • L’information des acteurs de la santé et de certaines collectivités

L’ensemble de cette information est mise en œuvre par la Région wallonne en se servant des relais dans chaque commune.

Les mesures particulières à mettre en œuvre sur la zone Engis-Liège cibleront :

  • Les industries par des mesures spécifiques visant à une diminution des émissions avec une gradation en fonction de la gravité de l’épisode de pollution
  • Le transport avec :
    • Seuil 1 : une limitation de vitesse sur autoroutes à 90 km/h, ainsi que sur certains autres tronçons avec une augmentation des contrôles
    • Seuil 2 : le cas échéant, interdiction pour les poids lourds de circuler pendant les heures de pointe
    • Seuil 3 : pour les autres véhicules, limitation de circulation
    • Et au niveau local au seuil 2 : limitation de la circulation dans des périmètres déterminés et circulation alternée dans certaines zones
    • Seuil 2 et 3 : augmentation de l’offre des transports publics

Impact des particules sur la santé

Les recherches menées depuis plusieurs années montrent que les particules présentes dans l’air ambiant ont un impact significatif sur la santé.
L’impact de la pollution est relativement faible si on le compare au tabagisme actif. Mais il est du même ordre de grandeur que le tabagisme passif.

Les études les plus récentes effectuées dans le cadre du programme européen CAFE (Clean Air for Europe) donnent une estimation de l’impact des particules très fines (PM2.5) sur la santé. Dans le cas particulier de la Belgique, on estime que la présence des particules dans l’air se solde par une réduction de l’espérance de vie de 13,6 mois (estimation pour l’an 2000).

Un pic de pollution à particules fines constitue principalement un risque pour "les personnes vulnérables à une pollution de l’air":

  • Les personnes souffrant de problèmes respiratoires tels que BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive), bronchite chronique, asthme,... ;
  • Les personnes souffrant de problèmes cardio-vasculaires (affections coronaire, hypertension,...) ;
  • Les femmes enceintes ;
  • Les personnes âgées ;
  • Les jeunes enfants (âge < 1 an) ;
  • Les enfants souffrant d’une pathologie respiratoire (ex.: asthme).

En fonction des concentrations de polluants dans l’air ambiant, de la durée d’exposition, de la sensibilité des personnes exposées et de leurs activités, certaines affections aiguës peuvent être observées :

  • Chez les adultes vulnérables :
    • Une diminution des fonctions respiratoires ;
    • Une augmentation des maladies respiratoires ;
    • Une diminution des fonctions cardiaques.
  • Chez les enfants :
    • Une augmentation des infections respiratoires (ex.: rhume) ;
    • Une aggravation de l’asthme (et ceci même après 3 jours du pic de pollution à particules fines).

Recommandations lors de concentrations très élevées en polluants atmosphériques

Les recommandations suivantes s’appliquent aux personnes/patients vulnérables. La famille et les personnes qui les soignent peuvent les soutenir et/ou les aider à suivre ces recommandations :

  • Rester à l’intérieur et ne pas aérer (garder les fenêtres et portes fermées) ;
  • Ne pas fumer et/ou ne pas fréquenter des zones fumeurs ;
  • Ne pas réaliser d’exercice physique et/ou prolongé (ex.: jogging) ;
  • Ne pas promener les jeunes enfants et ne pas les laisser jouer à l’extérieur.

Les personnes qui souffrent d’une pathologie respiratoire ou cardiaque:

  • Peuvent consulter leur médecin pour estimer la nécessité d’adapter leur traitement pendant le pic de pollution ;
  • Doivent consulter leur médecin en cas de moindre modification de leurs symptômes.

Les autres personnes vulnérables qui développent des symptômes respiratoires ou cardiaques doivent consulter leur médecin sans attendre.

Pour de plus amples informations "santé", vous pouvez contacter le call-center de la Croix rouge en composant le 105 pour la Région Wallonne.

Que peut-on faire individuellement pour limiter l’émission de particules fines?

S’il est important de se prémunir des pics de pollution qui se produisent à raison de quelques jours par an, il faut cependant garder à l’esprit que c’est l’exposition à long terme, au jour le jour, qui est responsable de la plupart des dommages sanitaires. Il convient donc de ne pas se focaliser exclusivement sur les alertes. C’est ainsi que outre les mesures prises au niveau industriel et du transport routier, d’autres peuvent être prises par chacun toute l’année, pour limiter les émissions de polluants, en particulier les oxydes d’azote et les particules:

  • Limiter l’utilisation de la voiture dont les gaz d’échappements sont une des principales sources de pollution et opter de préférence pour les transports en commun. Sans oublier la marche ou le vélo pour les petits trajets, les plus polluants en voiture.
  • Si on ne peut pas se passer de son véhicule, des gestes simples permettent de diminuer la pollution tout en faisant des économies de carburant :
    • Respecter les limites de vitesse ;
    • Adopter une conduite calme et anticipative ;
    • Eviter de chauffer le moteur à l’arrêt, même par temps froid, mais rouler plutôt à vitesse très modérée en début de parcours et solliciter en douceur le moteur pendant les premiers kilomètres ;
    • Respecter les prescriptions d’entretien ;
    • Vérifier régulièrement la pression des pneus ;
    • Regrouper les déplacements en hiver afin de limiter les démarrages à froid qui sont particulièrement polluants ;
    • Avoir recours au covoiturage, une initiative citoyenne et conviviale qui ne demande qu'à être développée...
  • Réduire sa consommation d’énergie. N’oubliez pas que le chauffage quel que soit son mode est l'une des sources principales de pollution hivernale et un poste important dans la consommation d'énergie des ménages. Des gestes simples dans ce domaine peuvent donc permettre également de diminuer la pollution tout en faisant des économies d’argent :
    • Faire entretenir régulièrement son installation de chauffage ;
    • Contrôler la température. Un petit degré de moins suffit à réduire votre facture d’énergie de 6 à 7% ;
    • Couper le chauffage la nuit et durant vos absences en journée ;
    • Fermer les volets ou les rideaux durant la nuit limite les pertes de chaleur par les fenêtres de 30 à 50%, surtout si vous avez des simples vitrages.

Pour plus d’informations :

Agence wallonne de l'air & du climat

Triptyque de la Région wallonne "Pics de pollution - Quels dangers pour ma santé ? - Que faire pour me protéger ?"

Cellule interrégionale de l'Environnement (CELINE) : concentrations en temps réel de particules fines et d’autres polluants avec une mise à jour horaire ainsi que des prévisions à deux jours ; informations en matière de santé.

Sources : 

Plan particulier d’Urgence et d’Intervention - Province de Liège - 23/10/2008

Plan d’actions en cas de pic de pollution par les poussières fines – DGRNE – 17/07/2008

Document d’information relatif au plan d’action "Pic de pollution" – DGRNE – Octobre 2008

Particules fines : Effets possibles sur la santé et précautions à prendre – CELINE