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éco-résidence - quai de Coronmeuse

De nouveaux logements situés quai de Coronmeuse 44 à 4000 LIEGE ont été inaugurés le mardi 3 mars 2020 en présence de l'Echevine en charge du Logement.

Cette éco-résidence a vu le jour au moyen d'un partenariat public-privé.

Cette réhabilitation a permis de concevoir des logements à haute qualité énergétique.

Ecorésidence quai de Coronmeuse
Eco-résidence au quai de Coronmeuse © Urbanisme - Ville de Liège - J-P ERS

 

La construction de 11 logements (dont 5 acquis par la Ville de Liège) sur un ancien site industriel assaini répond aux objectifs du schéma directeur de la rénovation urbaine du quartier Nord/Saint Léonard.

Les objectifs sont les suivants :

  • Proposer des logements de qualité pour des familles à revenu modeste et moyen dans le quartier Saint-Léonard ;
  • construire des logements à haute performance énergétique (passifs) ;
  • requalifier des anciens sites industriels pollués ;
  • construire des logements neufs en suture du tissu urbain ;
  • mixer des logements achetés et loués.

Cette réalisation prend place sur un terrain de 850 m² dans le prolongement du site dit "des Forges" comprenant 22 logements avec jardins privatifs, potagers communautaires et espaces publics qui a été inauguré en 2010.

La Ville a fait appel à un "marché de promotion" pour la conception, le financement et la construction d’un ensemble de 11 logements dont 5 qu’elle a acquis dans le cadre du programme d’ancrage communal du logement de la Wallonie. Les 6 autres appartements seront vendus par le privé à des tiers ce qui permet de créer de la mixité entre propriétaires occupants et locataires.

L’ensemble des logements forment un îlot structuré autour d’une cour intérieure.

Les cinq logements acquis par la Ville de Liège sont passifs.

Originalité du projet

Le contexte

L’opération de construction de logements quai de Coronmeuse, n°44 à 4000 Liège s’inscrit dans le programme de rénovation urbaine du quartier Saint-Léonard/Nord qui visait la construction de logement neuf en suture du tissu urbain. Cette opération participe également à la revalorisation de l’image du quartier grâce à la réalisation d’un projet architectural original à proximité de la future ligne de tram.

L’opération est en continuité avec le développement du site dit « Les Forges ». Ces logements viennent compléter l’aménagement de 22 logements construits en 2010 avec la création d’un potager communautaire, d’une place publique, le square des Portefaix et d’une voirie, la rue des Mariniers.

Un marché public de promotion

Suite au succès du premier marché de promotion lancé par la Ville de Liège en 2009 sur le site de Morinval, le service du Logement et la Régie foncière ont voulu réitérer l’expérience afin de :

  • Produire des logements de qualité à un prix acceptable ;
  • Déléguer la mission d’architecture, le financement et la construction à un tiers ;
  • Augmenter le nombre de logements de qualité disponibles à Liège ;
  • Favoriser l’implantation durable des habitants dans le quartier par la vente de logements ;
  • Diminuer considérablement les délais de réalisation des travaux en évitant plusieurs étapes administratives.

La Ville de Liège a décidé d’octroyer un droit de superficie au promoteur sur son terrain. Le promoteur désigné a construit les logements sur base du design sélectionné par la Ville de Liège. La Ville de Liège a acheté cinq logements pour les mettre en location et les six autres sont vendus par le promoteur. Le partenaire privé avait la garantie de vendre la moitié de ces logements à la Ville de Liège.

Cinq logements passifs

Depuis plusieurs années, la Ville de Liège prône la performance énergétique. La Régie foncière a déjà de nombreux logements basse énergie de classe A. Mais avec ces nouveaux logements, elle acquiert pour la première fois cinq logements à l’équivalent passif. 

Passif ou équivalent passif signifie que le logement a un niveau K, niveau d’isolation thermique global, égal ou inférieur à 20 et un Ew, niveau de consommation d’énergie primaire, égal ou inférieur à 30. Les cinq logements passifs répondent à ces conditions. De plus, les besoins nets en énergie par m² de plancher chauffé et par an sont de 15 kWh/m².an ou inférieur.

La combinaison de la qualité architecturale et résidentielle couplée à la performance énergétique et environnementale

Le cahier des charges du projet a insisté sur :

  • La qualité de l’intervention architecturale, l’intégration au site et la fonctionnalité ;
  • La performance énergétique, la qualité technique et environnementale ;
  • Le prix de vente des appartements ;
  • Les délais d’exécution.

Dans ce projet, la qualité des logements destinés à location se ressent dans la conception du lieu de vie :

  • Tous les logements bénéficient d’un jardin commun où le soleil peut pénétrer via le sud de la parcelle ;
  • Chaque logement a au moins un espace extérieur privatif ;
  • Chaque logement est pourvu d’une buanderie et de deux rangements extérieurs, en plus d’un emplacement de parking et de l’accès à un local vélo couvert ;
  • Trois des cinq logements sont adaptables PMR, et sont conçus pour s’aménager facilement en « PMR adapté » ; 
  • Les toitures sont végétalisées ;
  • Les parterres et les jardinières sont plantés

La méthode constructive est du « CLT », c’est-à-dire des panneaux de bois massif en lamellé collé (Cross Laminated Timber). Découpés et pré-rainurés en usine, ces panneaux en matériau durable et facilement recyclable permettent un assemblage rapide sur chantier. 
Cette structure bois est alors isolée et finie par un bardage en bois ou du crépi. Les logements sont donc performants au niveau de l’isolation et dotés de châssis triple vitrage en aluminium. Un soin particulier a été apporté à l’étanchéité à l’air du bâtiment pour atteindre les critères passifs.

Chaque logement est pourvu d’un système de ventilation double flux sur lequel est annexée une post-chauffe. En d’autres termes, la pièce de vie est chauffée par la pulsion de la ventilation via la demande du thermostat. L’eau chaude est produite par un boiler intelligent de deux cuves. Les salles de bain disposent d’un miroir chauffant électrique pour réguler une température d’ambiance programmable.
Quatre ou huit panneaux photovoltaïques par logement sont installés en toiture afin de compenser la consommation énergétique annuelle du boiler.

Retrouvez ci-dessous la liste des logements reprenant leur superficie et le nombre de chambres.

Appartement n°44/01

  • Nombre de chambres : 1
  • Superficie utile : 64 m²
  • Remarque : Simplex adaptable PMR avec terrasse et balcon PASSIF

Appartement n°44/02

  • Nombre de chambres : 2
  • Superficie utile : 85 m²
  • Remarque : Simplex adaptable PMR avec terrasse 

Appartement n°44/03

  • Nombre de chambres : 2
  • Superficie utile : 85 m²
  • Remarque : Simplex adaptable PMR avec terrasse

Appartement n°44/11

  • Nombre de chambres : 1
  • Superficie utile : 64 m²
  • Remarque : Simplex avec terrasse et balcon

Appartement n°44/21

  • Nombre de chambres : 3
  • Superficie utile : 108 m²
  • Remarque : Triplex avec terrasses et balcons

Le montage financier

Les cinq logements sur les onze créés sont acquis par la Régie foncière pour être mis en location. Ils sont subsidiés dans le cadre de l’ancrage communal 2014-2016 par le SPW.

Montant étude et des travaux : 867 000 € TVAC et révision comprises

Financement : 390 500 € par le SPW Ancrage communal 2014-2016 et 476 500 € par la Ville de Liège.

Les acteurs du projet

Maître d’ouvrage : La Ville de LIÈGE (Service du Logement) 

Promoteur et adjudicataire des travaux : Association momentanée : Eco-Résidence Coronmeuse  (Invest & Corporate SA et Entreprise générale Yves et Gustave Liégeois SA).

  • Dont l’auteur de projet : Bureau ZIANE association interdisciplinaire d'architectes et de paysagistes 
  • Dont le certificateur PEB : COLLETTE & DAVIDS SPRL 

L’approche architecturale

Le projet est un ensemble de trois volumes : côté quai, un volume de gabarit similaire à la maison mitoyenne ; côté rue des Mariniers : un long volume étroit de hauteur dégressive et, en intérieur d’îlot, un volume bas s’adossant au mur du hangar voisin.

Les cinq logements publics se trouvent dans les deux volumes sur la gauche de la parcelle (trois de plain-pied et deux accessibles par une cage d’escalier propre au bâtiment "Ville") ; les six logements privés sont situés aux étages du volume côté rue des Mariniers et desservis par un espace de distribution propre (entrée, escaliers, ascenseur). Les 11 places de parkings sont réparties sous ce volume, de part et d’autre de la cage d’escalier du volet privé : 5 places pour la Ville d’un côté et 6 places de l’autre pour le volet privé. La séparation très claire du programme public et du programme privé est idéale en termes de gestion des appartements seront loués par la Régie foncière.

Les parkings sont couverts et les espaces extérieurs confortables : 1 jardin commun aménagé et 16 terrasses individuelles.

Les espaces de rangement sont généreux : en plus des locaux de service communs pour les vélos et poubelles et des espaces de rangement intérieurs aux logements, un rangement extérieur est prévu sur chaque terrasse, ainsi qu’un rangement privé au fond du garage couvert. "Les emplacements de parking sont limités en profondeur par les rangements extérieurs individuels qui ceinturent le jardin telles des cabines de plage ou des piscines des années trente" stipule l'auteur de projet.

Le concept architectural pris a été réfléchi en termes d'orientation, d’ensoleillement, de zones d'ombre, de vues, d’encombrement du parking, d’aménagement du jardin commun et des espaces extérieurs. Le choix de l'implantation en découle. Le parti est clair et assumé : l’auteur de projet crée une très large échancrure en façade sud, côté quai, afin de permettre au soleil d’entrer en intérieur d’îlot : "prendre parti de l’ensoleillement sur la densité urbaine du quai". Par cette implantation similaire au Riad marocain, vu l'étroitesse du terrain, les nouvelles constructions recousent le tissu urbain, tout en dégageant un jardin commun, véritable lieu de vie "paysagé" en intérieur d'îlot et en mettant les logements à distance de la rue. L'ensemble fonctionne en étant inventif.

La prise en compte du contexte environnant et l’articulation du projet proposé au bâti existant 

Côté quai, le projet propose une construction mitoyenne d’un volume similaire à la maison de coin à laquelle elle s’accole (R+4). Le dernier niveau légèrement en retrait calque harmonieusement son gabarit sur la toiture voisine, permettant l'installation d'une terrasse pour le triplex (roof top). La proposition apporte une réelle réponse pour le traitement de l'angle aigu à la jonction des deux parcelles, en implantant à chaque niveau une terrasse qui anime l'espace et la façade Sud.

Sous l’échancrure, le volume côté quai est esthétiquement relié à celui de la rue des Mariniers : en creux au niveau de l'entrée du jardin commun et dans l’alignement au niveau de la terrasse du premier étage ; ici également, la résolution de l’angle a fait l’objet d’une attention particulière.

Le choix de la proximité avec les logements existants rue des Mariniers résout habilement la liaison sans "dent creuse". Dans la continuité des logements des Forges, la hauteur des bâtiments augmente du R+2 au R+4 en adéquation avec la hiérarchisation de voirie.

Ce projet réussit une couture urbaine sensible dans une continuité urbanistique en adéquation avec l’existant.

L'utilisation de crépi clair évoque les logements existants voisins, la touche contemporaine est amenée par l'utilisation du bois qui réfère au développement durable. D'après l'auteur de projet, "le bois est un élément omniprésent et fondateur de la construction passive". Par analogie aux façades urbaines, le bois pare l’entièreté du rez-de-chaussée tel un soubassement et accompagne la déambulation. Dans la composition, le jeu d'opacité et de transparence du bardage bois est appréciable aux entrées du jardin.

Le traitement des espaces construits et non construits et la qualité de l’implantation des fonctions

Le traitement du coin de la rue des Mariniers et du Quai de Coronmeuse, grâce à son repli vers l'intérieur,  invite à pénétrer le jardin. Cet espace entrant, à l'échelle humaine, favorise les rencontres et signale l'entrée depuis le Quai. Le choix de placer les parkings à front de voirie rue des Mariniers permet de libérer un espace commun intérieur, d’environ un tiers de la parcelle et évite les vis-à-vis au niveau du rez-de-chaussée.

La végétation est le troisième matériau qui complète la composition. Elle structure et anime le jardin commun, aménage les toits de manière extensive et deux terrasses de manière intensive, c’est-à-dire avec de la végétation haute.

Le jardin commun est un espace bien défini et clos, mais perceptible depuis la rue au travers des deux grilles d’entrée. Cet écrin "paysagé, fuselé et sculpté", est hiérarchisé dans ses revêtements du minéral au végétal. La bonne idée, soulignée par le tracé de l'aménagement de l'espace, est le prolongement des terrasses du rez-de-chaussée vers le jardin par un espace-tampon verdoyant qui préserve l’intimité des terrasses vis-à-vis des autres utilisateurs du jardin. Le tracé géométrique est original. Il reprend l'oblique du quai pour traverser le site, relier les locaux et individualiser les logements dans le jardin. "Nous faisons le choix tout en finesse mais déterminé d'instaurer un jardin commun visible de tous et de prendre parti de l'ensoleillement sur la densité urbaine du quai" explique l'auteur de projet.

Dans la démarche connotée du Riad, les espaces extérieurs privatifs sont sculptés dans la masse constructive et orientés vers l'intérieur calme de l'îlot en relation avec le jardin. Les terrasses couvertes sont pensées comme un prolongement de l'habitation, du séjour vers l'extérieur. Elles sont dotées de persiennes mouvantes qui rendent la façade dynamique et permettent à chacun de choisir l'intimité désirée.

Les logements destinés à la Ville, côté quai bénéficient de terrasses closes par des persiennes qui résolvent l’angle aigu du terrain ; ce dispositif est particulièrement utile pour sécuriser et intimiser le logement du rez-de-chaussée. Le triplex qui occupe les trois niveaux supérieurs de ce bâtiment est conçu comme une maison individuelle ; il est généreusement pourvu de deux terrasses très végétalisées qui seront perceptibles depuis le quai et exprimeront le caractère durable du projet.

Les qualités spatiales et d’habitabilité, tant pour l’ensemble du projet que par logement

Dans l'ensemble, les logements sont de très bonne qualité et bien proportionnés. Les logements sont traversant sauf ceux en intérieur d’ilot qui bénéficient de lumière zénithale en plus d’une façade largement vitrée. L’auteur de projet crée ainsi des jeux de lumière naturelle en équipant les terrasses de persiennes mouvantes. Les terrasses des logements, dotées chacune d’un rangement, assurent la prolongation visuelle (et fonctionnelle) de l’habitation vers l’extérieur. Leur orientation en intérieur d’ilot privilégie le calme vers le jardin et la vue sur les Coteaux. La progression déambulatoire respecte "l’intimisation" des logements.

éco-résidence - quai de Coronmeuse