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PEP's - Programme de redéploiement des espaces publics de qualité

Ambition PEP's

Ces dernières années, la Ville de Liège a initié un rééquipement en espaces publics de qualité (nouveaux quais, place de l’Yser, parc Sainte-Agathe, parc de la Chartreuse, boulevard de la Constitution…) ou en nouveaux moyens d’atteindre aisément ceux qui existent déjà (passerelle Boverie, passerelle Vivegnis…).

Par ailleurs, dans le cadre du partenariat que la Ville a avec l’Université de Liège (notamment via le « Liège-LABVILLE »), une analyse « trame verte et bleue » a été menée.

Forte de ces avancées, la Ville de Liège a souhaité aller plus loin et disposer d’un plan global de redéploiement des espaces publics pour l’ensemble de son territoire. Ceci en se donnant pour mission d’y concrétiser par étapes un ambitieux réseau d’espaces publics verts et de qualité, qu’ils soient de proximité ou « structurants » (destinés également aux habitants des autres quartiers voire d’autres villes voisines).

C’est au sein du Département de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire qu’a été mené l’important travail de diagnostic, de caractérisation, d’identification des besoins et, in fine, d’énoncé de stratégies possibles pour rencontrer l’ambition de rééquipement du territoire en espaces publics de qualité. Il a été épaulé par le Département des Travaux, en charge notamment de l’aménagement et de la gestion des espaces publics.

S’agissant d’une démarche qui vise, par une approche rationnelle et holistique, à se préparer aujourd’hui pour demain, l’ambition présentée ce jour a été baptisée :

« Prospective Espaces Publics », en abrégé PEP’s.

Il s’agit d’une stratégie à long terme (2030) qui a déjà débuté sa phase de concrétisation.

Programme d'actions

Le PEP’s vise à rencontrer différents enjeux, qui en constituent son ambition :

  • améliorer le confort et la qualité de vie et de travail en ville,
  • rendre la ville plus attractive et lutter contre l’étalement urbain,
  • améliorer le paysage urbain,
  • organiser un développement plus cohérent, durable et écologique.

L’ambition du PEP’s s’inscrit pleinement dans :

  • la stratégie communale (Projet de Ville 2012-2022),
  • le Schéma de développement d’agglomération,
  • les aspirations et attentes formulées lors de « reinventonsliege.be ».

Elle se construit dans une approche et une action transversale qui implique :

  • la mobilité : plan communal de mobilité, plans cyclables et piétons,
  • l’environnement : plan communal de développement de la nature,
  • les travaux : aménagement et gestion de l’espace public,
  • le logement-urbanisme : densifier qualitativement et améliorer la qualité de l’habitat.

Elle est traduite ensuite en plusieurs grands objectifs :

  • rencontrer les besoins des usagers de la Ville : offrir des superficies d’espaces verts suffisantes, soit un ratio de superficie de 9 à 10m² par habitant (recommandation de l’OMS),
  • organiser un réseau de cheminements : continu, accessible et garantissant une équité entre citoyens. L’amélioration des accès aux espaces publics, les connexions pour les mettre en réseau et relier les quartiers, la qualité des parcours et cheminements cyclo-pédestres représentent ainsi un objectif complémentaire et tout aussi déterminant que les espaces publics de qualité eux-mêmes.

Une méthode pour objectiver et prioriser

L’étude conçue, élaborée et pilotée par le Département de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire a été organisée en plusieurs phases. En voici quelques éléments de synthèse.

Inventaire et caractérisation (diagnostic)

Liège apparaît de prime abord comme une ville verte qui comprend bois, parcs, squares, places, boulevards arborés, etc. Cependant, sur base d’une analyse qualitative, il apparaît que seuls 30 % de la population liégeoise sont réellement desservis par un espace public de qualité, c’est-à-dire offrant différents usages positifs tels que la possibilité de s’aérer en dehors du flux automobile, de se promener, de pique-niquer, de jouer, etc.

Zones d'influence des espaces publics de qualité © Ville de Liège - Urbanisme - Service Cartographie

On parle ici d’un espace qui est suffisamment proche du lieu où on habite-travaille pour pouvoir être utilisé lorsque l’on dispose d’une demi-heure/d’une heure de temps libre.

En effet, même si 350 espaces à usage public sont répertoriés sur le territoire communal, on constate que l’appropriation de ces espaces par les habitants est souvent difficile voire impossible puisque principalement dédiés à la circulation ou au stationnement automobile.

Par ailleurs, il apparaît également que les espaces verts qualitatifs sont répartis de manière peu équilibrée sur le territoire communal puisqu’ils sont situés principalement en-dehors de la vallée qui est la partie la plus peuplée de la commune.

Pour améliorer la répartition et prioriser les actions, le Département de l’Urbanisme a objectivé les besoins en déterminant le déficit d’espaces publics de qualité par quartier.

Le tableau et la carte ci-dessous illustrent une partie du travail d’objectivation :

Ainsi donc, en croisant les différents critères, l’ensemble des quartiers de Liège ont été répartis en trois catégories de besoins d’espaces publics de qualité :

  1. peu ou pas de nouveaux besoins (16 quartiers),
  2. forts besoins (12),
  3. très forts besoins (5).

Evaluation des besoins

Pondération des besoins en fonction de la présence d’espaces privatifs extérieurs

Les quartiers prioritaires - plan d'actions © Ville de Liège - Urbanisme - Service Cartographie

ÉVALUATION DES BESOINS

Identification des quartiers prioritaires en fonction de la présence d’espaces privatifs extérieurs

  • Peu ou pas de nouveaux besoins
  • Forts besoins
  • Très forts besoins
    • Outremeuse
    • Hypercentre-Jonfosse
    • Longdoz-Amercoeur
    • Vennes-Fétinne
    • Chênée Bas

Identification des besoins et choix des objectifs (options)

Après avoir réalisé l’inventaire et la caractérisation des espaces publics, l’analyse de la situation existante a permis d’établir des besoins et de déterminer des objectifs pour chacun des quartiers ainsi que pour l’ensemble du territoire.

Et ce sous deux aspects :

En matière d'espaces publics

Constats :

  • omniprésence de la voiture et manque de diversité dans les usages, particulièrement pour les espaces publics situés dans la vallée,
  • d’importantes superficies d’espaces verts (ratio théorique de 8,8m²/ habitant) mais ils ne sont pas répartis équitablement sur le territoire (« poids » important du Sart-Tilman qui représente 75% des superficies vertes),
  • 19 des 33 quartiers de Liège présentent un ratio inférieur ou égal à 6m²/habitant ; le ratio est même inférieur à 1m² pour 12 d’entre eux !

Besoins et options :

  • en priorité, parmi les 12 quartiers identifiés, l’étude et l’action se sont focalisées sur les quartiers centraux, qui présentent en moyenne peu de jardins extérieurs privatifs et où le besoin en « espaces de respiration » apparaît donc crucial ; ces quartiers accueillent par ailleurs beaucoup d’usagers de la Ville (travailleurs, étudiants, visiteurs occasionnels), augmentant encore dans les faits ce besoin,
  • en analysant le nombre de m² par habitant/quartier et en prenant en considération la présence ou non de jardins privatifs, il apparaît que les habitants de 5 quartiers ont moins de 1 m² d’espace public de qualité à leur disposition. Il s’agit des quartiers d’Outremeuse, d’Amercoeur-Longdoz, de Chênée-Bas, de l’Hypercentre-Jonfosse et des Vennes.

La configuration et la morphologie des quartiers auront une influence sur les types d’actions.

Le quartier des Vennes, par exemple, bénéficie d’un potentiel important en termes de surfaces d’espaces publics (11,4 ha pour 6.900 habitants soit 16,6 m²/habitant d’espaces publics), alors que le quartier d’Amercoeur-Longdoz a un potentiel limité (2,5 ha pour 8.400 habitants soit 3 m²/habitant d’espaces publics).

La proximité d’espaces publics existants de bonne qualité peut également influencer les actions à mener pour un quartier. Ainsi, le parc de la Chartreuse se situe à la limite du quartier d’Amercoeur-Longdoz. Pourtant, aucun accès ne permet aujourd’hui de desservir la majorité de la population - à savoir celle d’Amercoeur-Longdoz -, laquelle est pourtant en très fort déficit d’espace vert.

En matière de réseau des cheminements

Constats :

  • difficulté d’accès à certains espaces publics (ex : parc de la Chartreuse),
  • rupture, et/ou manque de convivialité, dans les parcours cyclo-piétons et le maillage des cheminements,
  • manque de lisibilité et de hiérarchie du réseau.

Besoins et options :

  • en priorité, concrétiser un réseau structurant, avec une réelle identité et favorisant les liaisons transversales, de « coteaux à coteaux ».

Il est ainsi retenu :

  • d’organiser une « boucle communale » cyclo-piétonne, de type « RAVeL »,
  • d’établir un réseau primaire de liaisons transversales inter-quartiers,
  • de compléter progressivement par un maillage intra-quartier.

Un programme de concrétisations

Une boucle communale et un réseau inter-quartiers

Une boucle communale et un réseau inter-quartiers

La carte ci-dessous identifie les chaînons manquants dans ce que nous avons identifié comme étant la future « boucle communale cyclo-piétonne », ou « promenade verte ».

Boucle communale cylco-pédestre - plan d'actions © Ville de Liège - Urbanisme - Service Cartographie

La carte montre qu’il y a assez peu de tronçons à aménager, et certains d’entre eux sont déjà programmés.

© Ville de Liège - Urbanisme - J-P Ers

Ici aussi, en collaboration avec le Département de la Gestion de l’Espace Public, l’étude est synthétisée par un plan d’actions pour les deux premiers niveaux (boucle et connexions intr-quartiers) avec une estimation budgétaire.

Ces mesures sont localisées sur une carte et classées dans 4 grandes catégories budgétaires : moins de 50.000€, entre 50.000€ et 200.000€, plus de 200.000€, liées à une autre intervention (SPW ou SRWT par exemple).

Un plan d'actions pour les cinq quartiers prioritaires

Pour les 5 quartiers les plus prioritaires, l’étude est complétée et affinée pour établir un schéma d’intentions par quartier et proposer des mesures concrètes suivant 4 grandes typologies :

  • améliorer la qualité des espaces publics existants,
  • créer de nouveaux espaces verts,
  • créer de nouveaux accès aux espaces verts existants,
  • améliorer les connexions « modes doux » pour organiser la mise en réseau de ces espaces.

En collaboration avec le Département de la Gestion de l’Espace Public, l’étude a été synthétisée par un plan d’actions pour 5 quartiers. Ces plans d’actions identifient chacun entre 10 et 15 mesures-lieux d’aménagement et leur estimation budgétaire.

Ici aussi, ces mesures sont localisées sur une carte et classées dans 4 grandes catégories budgétaires : moins de 50.000€, entre 50.000€ et 200.000€, plus de 200.000€, liées à une autre intervention (SPW ou SRWT par exemple).

Place Saint-Etienne - Appropriations, usages

© Ville de Liège - Urbanisme - J-P Ers

Bâle - Appropriations, usages

© Photo - Y. Demeuse

Moyens opérationnels

Au total, via la boucle communale cyclo-pédestre, les connexions modes doux inter-quartiers et les actions à mener dans les 5 quartiers prioritaires, c’est un catalogue de 80 actions qui a été élaboré.

Ces mesures sont localisées sur carte et classées dans 4 grandes catégories budgétaires : < 50.000€, entre 50 et 200.000€, > 200.000€, liées à une autre intervention (SPW ou SRWT par exemple).

La concrétisation de l’ambition passera par l’implication des différentes parties prenantes des lieux de projets. Les citoyens et actifs des lieux seront impliqués.

En termes de moyens, ils seront puisés à diverses sources :

PUBLIQUES

  • Intégration des objectifs dans les aménagements publics habituels : plan triennal, programmes régionaux, etc.
  • Mise en oeuvre du tram et des axes structurants
  • Subsides (SAR, FEDER, etc.)
  • Budgets spécifiques (type Wallonie cyclable)

PRIVÉES

  • Sensibilisation de la population et des investisseurs
  • Imposition du pouvoir public dans le cadre d’une demande d’urbanisation :
    • outils de planification
    • charges d’urbanisme
    • conditions d’urbanisme

Une généralisation de la dynamique

D’ici peu, le même travail aura été réalisé pour la deuxième catégorie de quartiers, à savoir les quartiers en forts besoins.
Ce qui permettra d’aboutir alors à un « schéma d’intentions » à l’échelle communale en vue de territorialiser les options énoncées ci-avant :

1. le réseau des cheminements avec les liaisons transversales et la boucle communale,
2. les connexions manquantes,
3. les espaces publics à améliorer,
4. les espaces verts à créer pour pallier aux carences et les quartiers de la ville dense à verdoyer prioritairement.

La démarche, ses grands objectifs, les options retenues et les différentes manières de les concrétiser feront désormais l’objet de discussions élargies (avec les quartiers, les associations, les promoteurs…).

Plus globalement, les objectifs généraux défendus (diversité d’usages, plus de végétal, continuité cheminements cyclo-piétons, qualité d’aménagement, etc.) devront être intégrés dans une « charte des espaces publics » pour servir de guide, de référentiel partagé, et susciter une « démarche qualité » dans l’aménagement des espaces publics.

Ceci afin que la dimension fonctionnelle (circulation, stationnement, facilité d’entretien) ne prime pas sur la dimension conceptuelle, la qualité esthétique des lieux, les usages récréatifs et de détente qui y sont possibles.

En synthèse

L’ambition du PEP’s est de faire en sorte que chaque Liégeois et chaque usager de la ville trouve, à maximum 10 minutes de chez lui ou de son lieu d’activité, un parc ou un espace vert de qualité.

L’organisation mondiale de la santé recommande que l’on offre des superficies d’espaces verts suffisantes aux habitants et usagers de la Ville (il est recommandé d’offrir 9 à 10 m²/habitant).

De ce point de vue, Liège présente des espaces verts importants qui représentent 8,8 m²/habitant.

Cependant, il faut constater que ces espaces verts ne sont pas répartis équitablement sur le territoire puisque le Sart-Tilman représente les ¾ de ces superficies vertes. À l’analyse, plusieurs quartiers cumulent des ratios faibles en termes de jardins privatifs et d’espaces verts collectifs.

La Ville de Liège a procédé à une analyse de la situation de chacun de ses quartiers. Elle a ainsi déterminé les quartiers en forts besoins d’espaces publics de qualité.

S’en suit un schéma d’intervention dans 5 quartiers répondant à ces caractéristiques pour permettre d’y améliorer significativement la qualité de vie, en agissant dans 4 directions :

  • améliorer la qualité des espaces publics existants,
  • créer de nouveaux espaces verts,
  • créer de nouveaux accès aux espaces verts existants,
  • améliorer les connexions « modes doux » pour organiser la mise en réseau de ces espaces.

Ces 5 quartiers sur lesquels des actions prioritaires seront menées sont :

  • Hypercentre-Jonfosse
  • Outremeuse
  • Longdoz-Amercoeur
  • Vennes-Fétinne
  • Chénée Bas

Dans ces quartiers, les connexions pour les modes actifs seront soit améliorées soit créées.

Par ailleurs, une « boucle communale cyclo-piétonne » sera concrétisée.

La « démarche qualité » du PEP’s en matière d’espaces publics concernera progressivement tous les quartiers de la ville avec un objectif clair de concrétisation à l’échelle du territoire communal via :

  • la création d’un réseau vert structurant ;
  • l’identification et la réalisation d’un espace public identitaire par quartier.

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