Contextes et justification
Contexte global
Le Plan Canopée est un projet d’adaptation climatique utilisant le couvert arboré urbain pour lutter contre les îlots de chaleur. Ce plan s’inscrit dans un contexte global de changement climatique caractérisé par une augmentation croissante au cours de ce siècle des périodes de canicule devenant plus régulières, plus chaudes et plus longues. Cette évolution du climat va augmenter significativement l’inconfort thermique de la population liégeoise. Le Plan Canopée est donc une solution fondée sur la nature permettant d’améliorer la résilience du territoire communal aux chaleurs extrêmes.
Selon de récentes études scientifiques de l’Université de Liège, à la moitié du siècle, les températures annuelles et celles mesurées durant la période estivale seront équivalentes à celles observées actuellement à Poitiers dans l’ouest de la France. Et, d’ici 2100, selon le Prof. Xavier Fettweis du Laboratoire de Climatologie, le climat liégeois correspondra davantage à celui de Toulouse dans le sud-ouest de la France. Le nombre de journées très chaudes (forte chaleur avec une température maximale supérieure à 30°C) va progressivement augmenter de 7 jours par an en moyenne pour la période 1980-2010 à plus de 31 jours d’ici 2100.
Contexte local
À l’échelle du territoire communal, ce réchauffement climatique est amplifié par le phénomène d’îlot de chaleur urbain généré par la composition et la structure du tissu urbain. Une ville est très urbanisée et constituée d’une densité élevée de routes et de bâtiments construits avec des matériaux comme l’asphalte et le béton accumulant de la chaleur durant une journée chaude pour ensuite la restituer durant la nuit. Un jour de forte chaleur, il en résulte une différence de température pouvant être importante entre le centre urbain de Liège (très urbanisé, peu végétalisé et plus chaud) et les zones moins urbanisées en périphérie, plus végétalisées et plus fraîches). Cette différence de température, appelée l’effet d’îlot de chaleur urbain, peut être de +5°C durant le jour et de +7°C durant la nuit dans le centre de la ville.
Justification
Les arbres sont une solution efficace et économe pour refroidir les villes car ils agissent à travers deux mécanismes principaux : l’ombrage et l’évapotranspiration foliaire. La température ressentie sous un arbre peut être inférieure de 10°C par rapport à une zone de plein soleil et l’évapotranspiration foliaire, pompant de la chaleur dans l’air, permet un refroidissement complémentaire de la température de l’air de 1 à 3°C.
Les arbres urbains fournissent également d’autres services écosystémiques de régulation essentiels dans un contexte de changements globaux (changement climatique, effondrement de la biodiversité, pollutions…) comme le stockage et la séquestration du carbone dans la biomasse, la fixation de particules fines par les feuilles, l’interception des eaux de pluie et la connectivité écologique par les houppiers. De ce fait, la strate arborée urbaine peut permettre d’améliorer la qualité de l’air pour la population, de réduire le ruissèlement au sol des précipitations et de servir de support de vie pour tout un cortège d’espèces animales (insectes, oiseaux, petits mammifères). Pour plus de détails sur ces sujets, le rapport "Étude scientifique des services écosystémiques de régulation rendus par les arbres urbains", une note de synthèse d'évaluation des services écosystémiques de régulation rendus par les arbres urbains de Liège et un article dans le numéro 172 de la revue Forêt.Nature sont disponibles en accès libre sur ce site.