Diagnostics préalables
Des expertises rigoureuses et approfondies du territoire communal ont été réalisées par l’ISSeP, le Earth and Life Institute de l’UCLouvain et le VITO afin de poser un diagnostic précis en termes de couvert arboré urbain, de sites potentiels de plantations d’arbres et d’îlots de chaleur urbain à haute et très haute résolution. Une cartographie fine a été réalisée à partir de vues aériennes, de données altimétriques et de méthodes automatisées d’analyse d’image.
Pour plus de détails sur ces sujets, tous les rapports des études scientifiques sont disponibles en accès libre sur ce site dans la rubrique Publications.
Couvert arboré urbain
Le couvert arboré correspond à la végétation d’une hauteur supérieure ou égale à 3 mètres avec une surface minimale de 4 m². En 2021, le couvert arboré urbain est réparti à 60% dans les espaces publics et à 40% dans les espaces privés avec une superficie totale de 2156 ha couvrant 31% du territoire communal. La carte ci-dessous met en évidence une répartition très hétérogène du couvert arboré au sein des quartiers. Les quartiers de la vallée sont très urbanisés et les moins arborés alors que la situation est inverse pour les quartiers des plateaux périphériques.
À partir de cette donnée, le taux de couvert arboré (ou indice de canopée) de chaque quartier a été calculé sur base du ratio entre la surface de couvert arboré et la surface totale du quartier.
Consultez le rapport de caractérisation de la canopée d'arbres et des sites potentiels de plantation d'arbres pour plus de détails.
Sites potentiels de plantations d’arbres
Un inventaire cartographique des sites potentiels de plantation d’arbres a été réalisé dans les pelouses publiques et privées (la strate herbacée), dans les zones minérales publiques (la strate artificialisée) et dans les rues non-arborées d’une largeur minimale de 10 mètres. L’objectif est de déterminer une capacité théorique d’accueil d’arbres supplémentaires dans les quartiers. Les zones non plantables suivantes ont été exclues par un post-traitement des données cartographiques brutes réalisé par les services communaux : les abords des lignes haute-tension et des gazoducs, les terrains de sports, les milieux ouverts xériques d’intérêt écologique, les zones agricoles de culture, un recul de 5 mètres par rapport au couvert arboré existant ainsi que les résidus d’une surface inférieure à 4 m² pour la strate herbacée et de 9 m² pour la strate artificialisée.
Consultez le rapport de caractérisation de la canopée d'arbres et des sites potentiels de plantation d'arbres pour plus de détails.
Strate herbacée
La strate herbacée correspond à la végétation de moins de 1 mètre de haut et d’au moins 4 m² de superficie présente dans les espaces publics et privés. Une surface brute de 1717 ha a été identifiée de laquelle ont été soustraits les espaces non plantables. Il en résulte une surface nette de 1057 ha répartie pour 17% dans les espaces publics (170 ha) et pour 83% dans les espaces privés (887 ha). Le potentiel de plantation d’arbres est donc 5 fois plus élevé dans les pelouses privées par rapport aux pelouses publiques ; ce qui confère aux pelouses privées un statut de réserve considérable de plantation.
Strate artificialisée
La strate artificialisée correspond aux espaces minéraux (revêtement de surface en asphalte, béton, pavés,…) et de sols nus d’au moins 9 m² de superficie situés dans les espaces publics. Une surface brute de 318 ha a été identifiée de laquelle ont été soustraits les espaces non plantables. Il en résulte une surface nette de 115 ha. Le potentiel de plantation d’arbres supplémentaires est donc assez limité dans la strate artificialisée publique.
Voiries plantables
Les voiries plantables correspondent aux tronçons de route d’une longueur minimale de 50 mètres sans arbres, avec une distance supérieure ou égale à 3 mètres entre la façade et la bande de circulation et une largeur minimale de 10 mètres de façade à façade. Un linéaire brut de 388 km composé de 1037 rues a été identifié duquel ont été soustraits les espaces non plantables. Il en résulte un linéaire net 246 km de rues potentiellement plantables. Ce potentiel est développé dans la plupart des quartiers et s’avère particulièrement intéressant dans les quartiers urbanisés de la vallée. Cependant, l’analyse n’intègre pas à ce stade la présence des réseaux souterrains dans les trottoirs et les zones de stationnement. Ce travail d’étude très minutieux n’est réalisé que dans un deuxième, au cas par cas, en fonction des projets de réaménagement globaux. Nous avons considéré toutefois que la probabilité de présence simultanée des réseaux souterrains de chaque côté de la voirie était peu probable (mais néanmoins possible) et qu’au moins un des deux côtés de la rue pouvait être considéré comme potentiellement plantable.
Exposition de la population aux îlots de chaleur urbains et priorisation
Le "rapport de Caractérisation des îlots de chaleur urbains" et le "rapport de validation du modèle climatique" décrivent cette analyse dans le détail.
À l’échelle des quartiers
Dans un premier temps, l’îlot de chaleur urbain moyen a été calculé pour chaque quartier à partir de la carte de l’îlot de chaleur urbain du territoire communal produite par le modèle UrbClim validé pour Liège.
Dans un deuxième temps, l’exposition de la population aux îlots de chaleur a été calculée pour chaque quartier à l’aide d’un indicateur multiple croisant l’îlot de chaleur urbain avec la densité de population, la densité de population sensible appartenant à la tranche d’âge des plus de 65 ans et la densité de logement. Les résultats de cette analyse produisent un classement. Les quartiers rouges représentent les quartiers dans lesquels la population est fortement exposée aux îlots de chaleur et constituent des zones d’actions prioritaires du projet. Les quartiers verts représentent les quartiers dans lesquels la population est plus faiblement exposée aux îlots de chaleur et constituent des zones d’actions moins prioritaires. Les quartiers oranges sont les quartiers dans lesquels la population est moyennement exposée aux îlots de chaleur. Le Plan Canopée intervient dans tous les quartiers mais une attention particulière est portée sur les quartiers rouges et oranges.
À l’échelle de la rue
Le modèle UrbClim a été complété par d’autres paramètres tels que l’ombrage, le rayonnement reçu, la température de l’air à 2 m, le vent et l’humidité de l’air pour obtenir une cartographie à très haute résolution spatiale (1 m) de l’îlot de chaleur ressentie (la température au thermomètre à globe humide – wet-bulb globe temperature – WBGT).
Cette simulation a permis de modéliser la WBGT à hauteur d’homme (2 m) pour un jour de canicule de référence : le 25 juillet 2019, une des journées les plus chaudes jamais enregistrées en Belgique. Le Stress Thermique Urbain est un indice exprimant l’intensité de l’îlot de chaleur ressentie construit sur le rapport de la WBGT de la zone considérée sur la WBGT maximum.
Cette cartographie à très haute résolution de l’îlot de chaleur ressentie permet d’identifier les zones les plus inconfortables thermiquement à l’échelle du bloc, de la rue ou de la place. Cette information aide la plantation d’arbres ciblée dans les zones les plus chaudes.