Petit Patrimoine Populaire Wallon
A côté de la sauvegarde du patrimoine majeur de notre cité, il est indispensable que nous accordions aussi toute notre attention au maintien de notre petit patrimoine, non classé, mais témoin de notre histoire populaire et ancré dans notre mémoire collective.
Le Ministre wallon en charge du Patrimoine, qui a notamment la compétence du Petit Patrimoine Populaire Wallon (PPPW) dans ses attributions, a décidé d’élargir le champ d'octroi de subsides pour restaurer et mettre en valeur ces éléments essentiels de notre mémoire collective. Cet arrêté, adopté le 22 avril 2010 par le Gouvernement wallon, est entré en vigueur le 19 mai 2010.
La subvention a pour objet :
- "Les travaux d'entretien, et de restauration des éléments constitutifs du petit patrimoine populaire wallon non classés à titre de monument, qu'ils appartiennent au domaine public ou privé. Ces éléments doivent être repris dans une liste définie par le SPW (Service public Wallonie), et doivent présenter un caractère patrimonial marqué ou être exceptionnels. L'élément sera visible depuis la voirie ou accessible régulièrement au public.
- Une subvention maximale de 7 500 euros est accordée par dossier pour des travaux d'entretien, de réfection, de rénovation et de restauration.
- Une Commission d'avis instaurée par l'arrêté du Gouvernement wallon du 10 décembre 1998, est chargée de se prononcer sur la recevabilité de chaque projet."
Depuis 2012, de nombreux dossiers PPPW proposés par la Cellule Art public de la Ville de Liège, ont été approuvés par cette Commission d'avis.
Mausolée funéraire Orban
Remarquable mausolée de la famille Orban érigé en 1849 en style néo-classique, cet imposant monument en fonte sur dalle en petit granit comporte quatre faces ornées de motifs symboliques et d’inscriptions.
Longtemps éclipsée par la notoriété de la famille Cockerill, la renommée de la famille Orban s’est finalement imposée par sa créativité, son inventivité et son esprit entrepreneurial hors pairs.
Epinglons quelques prénoms de cette famille illustre :
- Joseph Michel Orban (1752-1833) fut l’un des plus grands et des plus audacieux entrepreneurs de l’industrie charbonnière liégeoise.
- Henri-Joseph Orban-Rossius (1779-1846) fut également un industriel et homme politique belge.
- Plusieurs de ses fils ont également joué un rôle industriel important, comme Henri-Joseph Orban (1808), Gustave Orban (1812), Eugène Orban (1814), Léon Orban (1822) et Jules Orban (1826).
- Walthère Frère-Orban (1812-1896), gendre d’Henri-Joseph, reste le plus connu des membres de cette famille ; il fit une carrière majeure dans la politique belge du 19ème siècle.
Peinture murale de Lucien Hock
Entre 1948 et 1954, une bibliothèque fut créée dans chaque quartier de la ville de Liège.
Celle de l’école Justin Bloom date de 1949. L’Instruction Publique a ensuite commandé à plusieurs peintres des fresques décoratives.
Ici c’est Lucien Hock qui a été choisi pour créer une œuvre, signée et datée de 1952.
La fresque monumentale « Peuplade Inconnue » est inspirée des romanes jeunesses de Georges Linze, instituteur puis directeur d’école mais aussi poète et écrivain liégeois.
Elle se compose de trois scènes peintes sur les murs Nord, Est et Ouest. La peinture est disposée sur la partie supérieure du mur, le bas étant occupé par des rayonnages de livres.
La hauteur de l’œuvre est de plus ou moins trois mètres et couvre l’entièreté des murs jusqu’au plafond. On peut remarquer les traces de plâtre à l’endroit des fissures dues au tremblement de terre de 1983.
La plupart des bibliothèques ont été vidées dans les années 1990, à la différence de celle-ci, toujours en activité.
Tableau de carreaux en céramique
Orne une imposte sur la façade de l’école. Composé d’environ 48 carreaux de faïence émaillée de Style Art Nouveau, vers 1902.
Potale du 19ème - Niche de style néo-baroque
Adossée à une façade d’un immeuble privé, cette niche de style néo-baroque, en cimentage peint, date du 19e siècle et abritait à l’origine une statue de Saint-Roch, dérobée depuis.
Elle est reprise à l’Inventaire du Patrimoine architectural et Territoires de Wallonie.
Pompe à levier, en Mi-la-Ville
La grande pompe à levier dite « Pompe de la belle Alpaïde » ou encore « Pompe du Bac » se situe à droite de la grille d’entrée du cimetière de Jupille, au n° 40 de la rue en Mi-la-Ville. Elle est reprise à l’Inventaire du Patrimoine architectural et Territoires de Wallonie.
Datant du 19e siècle, cette ancienne pompe à levier constitue un vestige de l’époque où les robinets domestiques n’existaient pas. Jupille en comptait alors toute une série, alimentées par les nombreuses sources et ruisseaux de son sol schisteux. Elle est composée d’un fût cylindrique en fonte sur une base rectangulaire, elle-même posée sur une dalle en béton et est précédée d’un bac en pierre calcaire posé sur des pattes.
e fût cylindrique est surmonté d’une vasque. Des armoiries sont présentes sur trois des faces du bac en pierre (face frontale et faces latérales). L’intérieur de la pompe a entièrement été bétonnée dans les années 1980-1990, ce qui n’a malheureusement pas permis de la remettre en fonction.
Potale Notre-Dame de Mai
Au fond de la petite place du Flot, un édicule votif composé d'un pied en calcaire (moderne), surmonté d'une élégante niche en bois sculpté et peint, de style Régence (milieu du 18e siècle). La niche abrite une statue habillée de la Vierge à l'Enfant. Sur le pilier, une plaque commémorative porte l'inscription : N.D. DE MAI/ 1833-1933/ ERIGE PAR SOUSCRIPTION POPULAIRE.
Cette charmante potale est recensée à l' Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel (IPIC), ce qui lui a valu un avis favorable de la Région wallonne pour l’obtention des subsides octroyés au Petit Patrimoine populaire (PPPW), afin d’assurer sa rénovation. En effet, les moulures, mastics et peintures étaient fort détériorés par les effets du temps, de l’humidité et de la moisissure. Une rénovation était donc urgente.
Elle a été assurée en atelier. Pour la niche et la statue, elle a consisté en un traitement de restauration des boiseries en conservant un maximum le bois d'origine (remplacement des parties les plus touchées, greffes ou bouchages des bois encore sains), un travail de consolidation des moulures et des fixations, ainsi qu’un traitement curatif et préventif par voie liquide d’un fongicide et un insecticide sur les pièces fragilisées. Un nouveau fond résistant à l’humidité a été placé à l’arrière de la potale. Une remise en peinture et une re-dorure de l’œuvre a été assurée, après recherche de la couleur initiale, micro-ponçage et remplissage des microfissures.
Toute la surface de la toiture a également été restaurée.
Cette restauration minutieuse, très réussie, est l'œuvre de l'ébéniste namurois Eric Fontinoy.
Quelques travaux ont également été réalisés en interne, par les services de la Ville de Liège :
- La restauration du socle en pierre calcaire par le service des tailleurs de pierre.
- La réparation de la serrure par la régie des ferronniers de la Ville de Liège.
- Ainsi que le nettoyage et la réparation des vêtements de la Vierge.
Monument commémoratif de l’entre-deux-guerres à Bressoux
Monument aux morts de la guerre 1914-1918, de style Art Déco, élevé vers 1925 d’après les plans de l’architecte Georges Dedoyard, il a été complété et restauré en 1946.
Il s’agit s’un groupe de trois personnages, dont une figure centrale aux ailes déployées symbolisant la patrie, dû au sculpteur Oscar Berchmans. Son dépouillement puise autant à l’héritage classique qu’à la tendance à la géométrisation, caractéristique des années ‘20. L’ensemble, réalisé en pierre d’Euville, a été traité et enduit pour assurer à l’œuvre une meilleure conservation.
Fontaine place St-Denis
Sur l'emplacement des anciens cloîtres de la collégiale du même nom, la place Saint-Denis fut, dès 1835, le siège d'un marché au beurre et aux fromages. C'est à cette époque que la Ville fit édifier la fontaine.
Sur un soubassement de trois marches circulaires, un bassin en pierre calcaire s'évase vers le haut. Au centre du bassin, deux vasques en fonte, sur pied se superposent. Elles sont ornées de têtes de béliers cracheurs d’eau.
Les travaux, scindés en deux lots, ont été réalisés par l'entreprise Liégeois pour la restauration des pierres et par le ferronnier restaurateur Laurent Labat pour les éléments en fontes.
Monument Léon Mignon
Monument de style Art nouveau inauguré le 21 juillet 1906.
L'ensemble est composé de trois éléments en bronze ornés d'un cadre de pierre calcaire insérés dans la façade en briques. Il s’agit d’un bas-relief à l'effigie du sculpteur Léon Mignon représenté de profil dans un médaillon.
Celui-ci surmonte une allégorie de la Sculpture symbolisée par une jeune femme tenant, dans sa main droite, un chapiteau surmonté de deux statuettes ailées et, dans la main gauche, une guirlande de feuilles et des outils sur fond de feuillage.
Ce bas-relief est repris à l'Inventaire du Patrimoine architectural et Territoires de Wallonie.
A l’instar des échaliers du Pays de Herve, trois tourniquets de conception et de fabrication identiques ont été rénovés.
Ils datent vraisemblablement des années 1970. La rareté de leur présence sur le territoire communal a motivé leur restauration.
Fontaine commémorative Mathieu Bodson
Restauration 2013. Architecte Joseph Moutschen, 1928. Situé à l’intersection de la rue Jean Hermesse, de la rue du Diable et de la place Mathieu Bodson, à Jupille, un monument rappelle qu’un jeune résistant de la Grande Guerre a été fusillé à Bruxelles en 1916 pour espionnage.
Directeur des Téléphones de Liège, Walthère Dewé reprit la direction du réseau de renseignements clandestin « La Dame Blanche » en 1916 à la suite de l'arrestation du résistant Dieudonné Lambrecht. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il remet sur pied un réseau « Clarence ».
En 1944, Walthère Dewé est tué par l'occupant lors d'une action visant à sauver l'un des membres de son réseau de résistance.
Potale des Récollets
Autel simple en bois peint, empreint de naïveté, la potale est un objet de véritable dévotion dans certains quartiers d’Outremeuse. Fruit d’une tradition remontant au 14e siècle, une potale était à l’époque une niche creusée dans un mur, destinée à recevoir la statue d’un saint (en général Saint Roch, protecteur contre la peste) ou de la Vierge, plaçant ainsi les habitants de l’immeuble sous sa protection. Au fil du temps, le culte marial l’emporta sur celui de Saint Roch. Par ailleurs, des locataires d’immeubles voulant eux aussi leur potale, dès les 16e et 17e siècles, les niches creusées à même les murs furent remplacées par des niches en bois, accrochées aux façades.
Le 15 août, dans le quartier d’Outremeuse, c’est aussi, entre autres nombreuses fêtes, la fête des potales. Chaque statuette est parée de ses plus beaux atouts et les potales sont fleuries et illuminées. Lors de la procession, un hommage est rendu à chaque Vierge, de la rue Beauregard à la rue Roture.
Celle de la rue des Récollets se compose de trois éléments :
- Un dais en métal relativement fin, découpé et courbé, destiné à protéger l’autel.
- L’autel, composé d’une niche en bois peint, dont une des parois est vitrée. Le sommet figure un toit en double pente. L’autel abrite une statuette habillée de la Vierge à l'Enfant.
- Le fond, en bois, orné de petites étoiles, à l’arrière de l’autel.
L’ensemble est peint en un nuancier de bleu et de blanc, avec quelques rehauts dorés soulignant le décor ou le formant d’étoiles.